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Foie gras/Conjoncture Les producteurs de foie gras font le dos rond

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« Le foie gras demeure un mets d’exception au statut indétrônable, 48% des Français le désignant comme le plat le plus emblématique de la gastronomie française », s’est réjoui Xavier Gaudio, le président du Comité interprofessionnel du foie gras (Cifog), à l’occasion du lancement de la Saison festive du foie gras 2012. Il se défend pourtant de tout triomphalisme, car la production devrait connaître un léger repli en 2012 pour une consommation qui resterait stable. La baisse de la consommation est plutôt sensible dans la restauration, car les ménages lui restent davantage fidèles. En 2011, la foie gras a vu ses ventes en valeur afficher de plus belles progressions que les autres produits festifs (saumon ou champagne) avec des hausses de 5,1% pour les foies frais ou mi-cuits et 5,3% en version appertisée. Les premières tendances pour les huit premiers mois de 2012, font état d’une progression de 5% en grande et moyenne surface par rapport à la même période de 2011. Par ailleurs, les consommateurs s’orientent vers des produits de plus en plus qualitatifs ; pour s’offrir de véritables pauses festives dans un contexte difficile, ils privilégient les qualités premium. En 2011, cette tendance avait déjà engendré une croissance marquée du marché en valeur : +4,8% contre +1,1% en volume, grâce, en partie, aux bonnes performances des produits les plus valorisés comme le foie gras entier, au détriment des blocs avec morceaux.
 
La carte de l’export
Face à cette conjoncture atone en France, la filière porte ses espoirs de croissance sur les exportations, en particulier vers la Chine. En 2011, le produit a continué de séduire les étrangers avec des exportations de 4 800 tonnes, laissant un solde commercial largement positif de 40,7 millions, avec des progressions dans les pays d’Asie du sud est ainsi qu’en Belgique. Les deux principales déconvenues sont dues à l’Espagne frappée par la crise et le Japon victime de catastrophes naturelles. L’interdiction prononcée en Californie n’inquiète guère Jean Schwebel, membre du Cifog et président d’Eurofoiegras, regroupant 5 pays européens producteurs. La consommation américaine est totalement marginale pour nos exportations alors que des marché comme la Chine s’annoncent plus prometteurs. Pour cela, la France tente de pouvoir y accéder directement, sans devoir transiter par Hong Kong. Une mission se rendra en Chine avant le Sial du printemps prochain pour tenter de lever la barrière réglementaire « dite de la quarantaine ». D’autres pays, comme le Brésil et la Russie, dont les classes moyennes sont émergentes, offrent de réelles perspectives. Mais là encore, il faut « lever les barrières douanières cachées », explique Xavier Gaudio. Le ministre délégué à l’Agroalimentaire a assuré les participants de son soutien pour les y aider. Dans l’immédiat, l’autre défi des producteurs sera de convaincre les distributeurs français d’accepter des hausses de prix pour prendre en considération la hausse de 15% des coûts de production qu’ont subis les producteurs.

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