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Assemblée générale de Fedelis Les producteurs de labels rouges demandent à bénéficier d’aides Pac

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Les producteurs de labels rouges demandent à bénéficier d’aides Pac pour encourager leur activité, plébiscitée par les consommateurs, mais menacée par la hausse des coûts de contrôle et par la concurrence des marques régionales. Henri Baladier, président de Fedelis (fédération des labels rouges), a exposé le problème et a mis sur la table une telle demande, lors de l’assemblée générale de Fedelis qui s’est tenue le 7 juin au Mans.

Les signes officiels de qualité et d’origine (Siqo) sont un repère pour les consommateurs, en mal de confiance, comme l’a montré une présentation du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) à l’assemblée générale de Fedelis, mais ce n’est pas pour autant que les jeunes vont s’installer dans les productions sous labels. Henri Baladier a profité de la présence de conseillers du ministre de l’Agriculture et du directeur général de l’INAO (Institut national de la qualité et de l’origine) à l’assemblée générale de Fedelis pour suggérer l’octroi d’aides Pac aux producteurs sous Siqo.
Pour la première fois, Fedelis a tenu son assemblée générale en même temps que les principales fédérations qui la composent (Synalaf pour la volaille et les œufs, Sylaporc pour la charcuterie, Fil Rouge pour la viande de bœuf et de veau). Fedelis est la fédération des labels rouges de viandes, volailles, poissons, fruits et légumes, farine et pain, fromages, poisson de la mer et de l’aquaculture, de miel et autres divers produits transformés.

Les producteurs en ont assez de payer

Parmi ses propositions, il a suggéré l’octroi d’aides Pac réservées aux producteurs engagés dans les Siqo. « Un producteur engagé dans une filière de qualité doit être encouragé et donc aidé. L’Europe envie notre label rouge. Or, nos adhérents doivent payer dorénavant des droits INAO pour le label rouge et subissent une hausse des droits IGP en 2013 », a-t-il soutenu. Les producteurs « font face à des lourdeurs administratives croissantes pour adapter leurs produits, modifier leurs cahiers des charges, financer les contrôles ». Ils ont subi « une hausse des droits IGP de 30% en 2013 », a-t-il ajouté.
Sa proposition se décline en deux demandes d’aides :
– une aide directe au producteur pour financer les contrôles effectués pour ses productions sous label rouge, AOP (appellation d’origine protégée), IGP (indication géographique protégée) ou bio. Et d’ajouter que « dans certains États européens, jusqu’à 80% de ces contrôles sont financés par le second pilier de la Pac ».
– et une aide destinée aux organismes de défense et de gestion (ODG). En tant qu’associations de producteurs au sens large, les ODG « doivent pouvoir bénéficier des aides prévues à cet effet dans le second pilier de la Pac », selon Henri Baladier.
À côté de cette proposition, le président de Fedelis a demandé que l’État « assure en totalité la charge de personnel de l’INAO ».
Sans en dire davantage sur les ouvertures possibles dans le sens d’aides Pac, Éric Giry, chef du service de la stratégie agroalimentaire et du développement durable au ministère de l’Agriculture a évoqué la possibilité pour des ODG de constituer des Groupements d’intérêt économiques et écologiques (GIEE), comme le prévoit la politique de Stéphane Le Foll. À ce titre, ils pourraient émarger au second pilier de la Pac, a suggéré Éric Giry.

La concurrence des bannières régionales

Une table ronde organisée par Fedelis a par ailleurs soulevé le problème de la concurrence des marques régionales. Plusieurs représentants professionnels de l’auditoire ont pris la parole pour alerter les pouvoirs publics, le sous-directeur chargé des produits alimentaires à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), Jean-Louis Gérard, étant présent à la tribune. « À quoi bon avoir une IGP ou un label rouge et se plier à un cahier des charges, si en face une région promeut ses produits simplement en apposant sa marque ? », s’est exclamée une intervenante auvergnate. « On voit couramment des produits charcutiers qui portent le terme “Sud-Ouest” mais sans avoir l’obligation de s’approvisionner en porcs IGP du Sud-Ouest », a témoigné Jean-François Renaud, président du Sylaporc.
Pour Charles Perraud, producteur de sel de Guérande sous label rouge et IGP, « le pire est à venir » : les bannières régionales ne font qu’éclore, et leur développement est « devant nous », car elles se nourrissent de la crise économique, qui amène les citoyens consommateurs à favoriser l’emploi de leur région. « Ce sont des démarches de court terme », a-t-il ajouté.
Jean-Louis Gérard a répondu « qu’à tout moment » les professionnels peuvent saisir les tribunaux, dès lors que l’indication des régions est « trompeuse ou confusante ».

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