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Filière porc Les producteurs de porcs intensifient leurs regroupements

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Le 5 février 2010, la fusion de trois coopératives bretonnes de producteurs de porcs a eu lieu, donnant naissance à Aveltis. Une tendance au regroupement des groupements de producteurs de porcs en France qui s’intensifie récemment.

«Le nouveau rapprochement porte le nom d’Aveltis et sera une coopérative à sections. Aveltis représente 3,1 millions de porcs charcutiers, 900 adhérents de l’Ouest, 650 naisseurs engraisseurs, 140 000 truies en production, 400 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, 25 millions de capitaux propres et 40 % de nos porcs sont vendus au MPB », explique Philippe Gabory, président du directoire du groupement de producteur de porcs Poraven (Porc Bretagne Ouest). Comme pour Aveltis, de plus en plus de fusions de groupements de producteurs ont lieu au sein de la filière porc. « Un protocole de fusion a été signé entre les trois coopératives : Porc Bretagne Ouest, Pigalys, et Léon Tréguier incluant un rapprochement, en section autonome, du groupement porc de Terrena, explique Philippe Gabory. La fusion sera proposée en assemblée générale extraordinaire en juin prochain. Et la fusion aura lieu en septembre. C’est la première fois, en France, en production porcine que trois coopératives se regroupent en même temps. » Cette intensification des regroupements au sein de la filière porc, Michel Rieu de l’Ifip (Institut du porc) la constate depuis ces trois dernières années. « De nouveaux groupements de producteurs se constituent : la fusion Prestor avec le groupement de porc de la Cecab en 2008, Cooperl Arc Atlantique (Cooperl et Arca) en 2009, et tout récemment, l’annonce de naissance prochaine d’Aveltis. » Le phénomène ne s’arrête pas à la région du grand Ouest. Le spécialiste de l’Ifip rappelle à ce propos la naissance de Cirhyo en 2009 (MC Porc et Scapp) ou auparavant APO (APS et Porci d’Oc).

Un phénomène nouveau par son intensité
Les regroupements de groupements de producteurs ne sont pas inédits. En revanche c’est leur rythme qui est nouveau. « L’accélération des regroupements répond à la stagnation, depuis 10 ans, de la production porcine française et des abattages, dont la première raison est la mise en œuvre de la réglementation environnementale, explique Michel Rieu. Celle-ci impose en effet des contraintes plus fortes que les règles européennes. En France, tous les projets d’élevage de porcs dépassant 50 truies naisseurs-engraisseurs doivent faire l’objet d’une “autorisation” de l’administration au titre des “installations classées”, alors que la directive européenne prévoit un seuil 5 fois plus grand. Le projet est soumis à une enquête publique auprès des citoyens. Et malgré les nombreuses précautions prises par les éleveurs, beaucoup de projets n’aboutissent pas. » Les regroupements sont aussi « une réponse des entreprises à l’absence de croissance », selon les mots de Michel Rieu. Ils visent à réaliser des économies d’échelle et à améliorer le rapport de force avec la distribution.

Faire face à une compétition internationale féroce
« On constate l’apparition et le développement de multinationales dans le secteur de la viande de porc, explique le spécialiste de l’Ifip. Les deux leaders européens, le danois Danish Crown et le néerlandais Vion abattent, découpent et préparent 20 millions de porcs par an. La constitution des groupes Cooperl Arc Atlantique et Bigard-Socopa, avec chacun 5 millions de porcs, les porte à la cinquième place européenne. Toutefois, sensiblement plus petits que leurs grands concurrents, les leaders français sont aussi plus éloignés du marché européen qui s’est déplacé vers l’est avec les derniers élargissements de l’UE. »

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