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Vin Les producteurs de vin européens déçus par le groupe à haut niveau

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Les représentants des producteurs sont sortis passablement irrités de la deuxième réunion du Groupe européen à haut niveau sur les droits de plantation viticoles, le 6 juillet, déplorant l’absence d’avancées dans le débat et le silence de la Commission de Bruxelles. Deux réunions sont encore prévues, le 21 septembre en Sicile et en novembre, pour conclure les travaux.

Selon les représentants des producteurs qui ont participé à la deuxième réunion du Groupe à haut niveau, la Commission européenne n’a à ce stade avancé aucune suggestion pour tenir compte des demandes de quinze Etats membres et des députés européens visant à maintenir les droits de plantation viticoles que la réforme du secteur en 2008 a prévu d’abolir fin 2015. Et ce alors que ses services ont déjà couché sur le papier sept options possibles.
Toutefois, lors de l’assemblée générale de la Confédération nationale des coopératives vinicoles, le 4 juillet, Christine Avelin, chargée des questions végétales au ministère français de l’agriculture, a indiqué que la Commission souhaitait « saucissonner » la viticulture européenne en concédant le principe d’un maintien des droits de plantation aux appellations d’origine (AOP) et aux indications géographiques (IGP), mais en laissant s’appliquer pour les vins sans indication géographique la libéralisation prévue au 1er janvier 2016. Ce que refusent les professionnels et le ministère, une libéralisation, même limitée aux vins sans IG, risquant, selon eux, d’éroder peu à peu les prix des appellations, puis à terme leur qualité.

Le pouvoir de décision au niveau local

Les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE réunies au sein du Copa-Cogeca soulignent d’ailleurs la « correspondance substantielle existant en réalité sur le marché » entre les vins porteurs ou non d’une AOP ou d’une IGP, du fait de la possibilité introduite par la réforme de 2008 pour les vins sans IG de mentionner le cépage et le millésime sur l’étiquette. Ce qui, estiment-elles, rend essentielle l’application du cadre de plantation à tous les types de production.
Les professionnels indiquent aussi que, pour les vins AOP ou IGP, l’intention de Bruxelles serait plutôt de renforcer les prérogatives des organisations de producteurs au niveau local pour leur permettre de réguler eux-mêmes non pas les surfaces plantées mais les volumes de production. Ils font valoir les risques d’une telle option, insistant notamment sur le fait que le pouvoir de décision doit rester aux autorités nationales, les organisations de producteurs locales devant seulement être chargées de la gestion.

Un « dialogue constructif » selon les entreprises

À l’issue de la réunion du 9 juillet du Groupe à haut niveau, le Comité européen des entreprises vins (CEEV) s’est quant à lui félicité de « l’évolution du dialogue constructif entre la Commission, les Etats membres et les parties prenantes ». Il a proposé de nouveau de « renforcer le rôle de la filière vin dans les différents pays et leurs régions » et de lui « donner la responsabilité de la gestion économique de la production, y compris les plantations, en particulier par le biais d’organisations de filière réellement représentatives impliquant les familles professionnelles clefs sur une base paritaire ».
De son côté, le président de la Fédération européenne des vins d’origine (Efow), Riccardo Ricci Curbastro, a estimé que la réunion « a mis en évidence les effets néfastes de la libéralisation qui n’avaient pas été mesurés lors de la prise de décision en 2008, faute d’étude d’impact sur le sujet ».
« Il est primordial que le groupe à haut niveau ait la possibilité de débattre de propositions visant à maintenir le système actuel et à rendre au final sa mise en œuvre plus efficace », a jugé pour sa part le président du groupe de travail vin du Copa-Cogeca, Thierry Coste. La fin du système des droits de plantation pourrait signifier une augmentation considérable de la production de vins AOP/IGP, étant donné qu’il existe plus d’un million d’hectares disponibles pour les plantations rien que dans les zones AOP européennes, avertit le Copa-Cogeca.

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