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Réactions Les producteurs d’endives font appel de la décision de l’Autorité de la concurrence

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Les parties sanctionnées pour entente sur les prix par la décision, le 6 mars, de l’Autorité de la concurrence ont décidé de faire appel, a déclaré le 15 mars, Daniel Bouquillon, le président de l’Union des endiviers de France (ex-FNPE). Les producteurs d’endives seront reçus vendredi 16 mars par le directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture.

Les dix organisations de producteurs, les sept associations et syndicats sanctionnés le 6 mars par l’Autorité de la concurrence pour entente caractérisée sur les prix ont fait appel de la décision près de la cour d’appel de Paris, a-t-on appris le 15 mars par le président de l’Union des endiviers de France (ex-FNPE), Daniel Bouquillon (à noter que la sanction est, malgré l’appel, exécutoire, selon l’Autorité de la concurrence). Une délégation représentative des producteurs d’endives, soutenue notamment par la FNSEA, JA, les producteurs de Légumes de France et la Fédération nationale des producteurs de fruits sera par ailleurs reçue vendredi 16 mars par le directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture. Puis, entourée de deux cents manifestants, la délégation se rendra devant le siège de l’Autorité de la concurrence « pour exprimer notre colère, dans la dignité », a indiqué Daniel Bouquillon. Il est prévu que les producteurs y déposent des factices de cessation d’activité, de lettres de licenciement, etc. Et d’y murer la porte avec des cageots vides.

La FNSEA demande au gouvernement de clarifier sa position

La FNSEA, qui manifestera ce vendredi 16 mars, auprès des producteurs d’endives, a exprimé son soutien à ces derniers, dans un communiqué paru le 13 mars. « Laisser croire que les producteurs et leurs organisations seraient coupables de pratiques “graves, illicites, ayant l’intention de nuire à l’intérêt du consommateur” et qu’ils auraient “infligé des représailles aux récalcitrants” revient à les assimiler à un cartel quasi mafieux ; ce n’est ni digne, ni acceptable ! », a commenté le syndicat majoritaire agricole qui a aussi dénoncé le montant « disproportionné » de l’amende « faisant peser une lourde hypothèque sur la pérennité de certaines entreprises ». Sur le volet de « la nécessaire organisation de la production agricole », la FNSEA a déploré le désengagement des pouvoirs publics « qui démantèlent les uns après les autres les mécanismes de régulation et qui abandonnent l’agriculture, les paysans, l’emploi et les territoires au laisser-faire du marché ». Et de pointer du doigt le droit de la concurrence qui « reste sur un credo dépassé ». La FNSEA a demandé au gouvernement de prendre ses responsabilités et de clarifier ses positions : « Les plus beaux discours sur l’agriculture ne valent rien et ne se traduiront par rien si dans le même temps, ceux qui les prononcent laissent le droit de la concurrence dicter sa loi ultime ! ».

Inquiétude des coopératives

« Comment peut-on aujourd’hui concilier droit de la concurrence et regroupement de l’offre dans un contexte économique caractérisé par un déséquilibre des forces au détriment des producteurs et de leurs coopératives ? », ont interrogé de leur côté les coopératives fruitières, légumières et horticoles (Felcoop) dans un communiqué commun avec leur maison mère Coop de France, paru le 12 mars. « Inquiète » après la décision de l’Autorité de la concurrence, la coopération agricole a demandé aux pouvoirs publics « de clarifier leurs positions ». Quand prendra-t-on enfin compte des spécificités du secteur agricole, « insuffisamment » considérées, selon eux, par la Pac ? Et d’estimer la décision de l’Autorité de la concurrence « disproportionnée » et pénalisante en premier lieu pour les entreprises coopératives, « seules à soutenir les efforts de structuration de la filière entrepris depuis de nombreuses années ».

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