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Bovins Les produits bovins gagnent du terrain dans les assiettes chinoises

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Les produits bovins (viande et lait) prennent place dans l’assiette des Chinois. C’est ce que relèvent les experts réunis à Paris le 27 novembre à l’occasion d’une journée technique organisée par l’Aftaa.

Sur la période janvier-septembre 2013, la progression des importations chinoises de viande bovine chinoise est fulgurante. Lors d’une journée technique organisée par l’Aftaa (Association française des techniciens de l’alimentation animale) le 27 novembre, Jean-Marc Chaumet, responsable de projet au département Economie de l’Institut de l’élevage, a annoncé que les importations chinoises devraient dépasser les 250000 tonnes de viande bovine sur l’année 2013. « Il y a quelques années, elles étaient de 10 000 à 15 000 tonnes », explique-t-il. En un an, elles ont même triplé. L’une des raisons de ce changement est l’augmentation du prix de la viande bovine en Chine, contrainte d’importer à des prix plus intéressants pour répondre à la demande de la population. Les principaux fournisseurs sont l’Uruguay, la Nouvelle-Zélande ou encore le Brésil. La France ne peut toujours pas exporter de viande bovine vers la Chine, malgré le statut de pays à risque maîtrisé à l’égard de l’ESB établi par l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale).
La flambée des importations de viande bovine en Chine est symbolique d’un pays dont les habitudes alimentaires sont en plein changement. Néanmoins, la consommation de viande bovine est encore minoritaire en Chine, où les habitants cuisinent traditionnellement de la viande de porc. En outre, Jean-Marc Chaumet rappelle que des différences énormes existent entre le milieu rural et le milieu urbain. En ville, « les classes les plus aisées consomment de la même manière que les populations de l’Union européenne ». Mise à part cette tranche de la population, les ménages consomment encore peu de viande bovine. « La consommation moyenne chinoise de viande bovine est de 4 à 5 kg/an/habitant contre 25 en France », précise l’économiste.
 
Importations massives de produits laitiers
Le pays est aussi déficitaire en produits laitiers. Jean-Marc Chaumet rappelle que les importations chinoises de poudres de lait et de lactosérum sont en forte augmentation. 15 à 20% de la consommation de produits laitiers sont couverts par les importations. Le marché est largement dominé par la Nouvelle-Zélande en raison de sa proximité géographique et de ses prix compétitifs. Le pays couvre 80% des importations chinoises de poudre de lait. Si l’Union européenne est quasi absente de ce marché, elle est plus à même de prendre des parts de marché pour le lactosérum. Selon une étude de FranceAgriMer publiée en septembre 2013, « l’UE à 27 et les Etats-Unis, à l’origine de respectivement 50% et 20% des fabrications mondiales de lactosérum, sont aussi les principaux fournisseurs du marché mondial ». Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation), la Chine est le premier importateur mondial de lactosérum et représente 27% des volumes échangés en 2009.

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