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Alimentation Les produits chers souffrent de la crise

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La crise économique a un impact sur la consommation alimentaire des Français, selon une étude du ministère de l’Agriculture publiée cet été (1). Les produits les plus chers sont remplacés par des aliments meilleur marché, les grandes marques par des marques de distributeurs et les achats en hard discount se développent. Cette tendance pourrait s’amplifier à l’avenir, selon l’etude.

«Les produits que les Français déclarent sacrifier sont en premier lieu les boissons alcoolisées, ensuite les plats préparés et en troisième lieu l’épicerie », note l’étude. Dans les faits, la consommation de viande s’est fortement réduite en 2008 alors qu’elle s’était un peu relevée en 2007. Les viandes les plus chères sont les plus affectées (bœuf, veau et agneau). Pour les produits frais (légumes, poissons), le recul atteint 2,4% et pour l’ensemble « viandes et produits laitiers » 2,2%. La baisse de la consommation de produits laitiers à domicile porte sur les fromages et les produits ultrafrais, poursuit l’étude.
Dans ce contexte, « seuls progressent les produits les plus économiques : conserves de poissons et de légumes, abats, viande de poulet et de dinde », selon le ministère. Les Français comparent davantage les prix et préfèrent les marques de distributeurs, moins chères, aux grandes marques. Un comportement qui explique l’essor des hard discount.
 
Encadrer les prix des aliments de première nécessité
Un autre indice de la crise est le nombre de personnes ayant recours aux circuits de l’aide alimentaire. Elles seraient aux moins deux millions en France, « nombre qui a enregistré une forte hausse lors de l’hiver 2009 ». La situation actuelle, loin d’être exceptionnelle, pourrait préfigurer le contexte des années à venir selon l’étude, avec le retour et la persistance de prix agricoles aussi élevés qu’en 2007/2008 et donc de prix alimentaires également élevés ; le risque de précarisation d’une partie des seniors ; l’amplification des inégalités liée à la précarisation de l’emploi et à l’explosion des hauts revenus.
Conscients de ces risques, les Français souhaitent en premier lieu (37%) que les pouvoirs publics « encadrent les prix des aliments de première nécessité pour permettre à tous de se nourrir ». Cette demande a fait un bond de 10 points en un an.
 
(1) « La consommation alimentaire à l’épreuve de la crise »

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