Abonné

Les produits laitiers «in-vitro» visent l'UE

- - 3 min

Les start-up Fooditive et Formo ont prévu de déposer début 2022 une demande de mise sur le marché auprès de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) pour leur «caséine végane» in vitro, avec pour objectif de la commercialiser en Europe dès 2023. Le point sur cette nouvelle technologie sur laquelle travaillent une poignée d'entreprises en Europe.

La start-up néerlandaise Fooditive a confié à Agra Presse qu'elle déposera dans les prochains mois une demande de mise sur le marché auprès de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) pour sa «caséine végane» in vitro, avec pour objectif de la commercialiser en Europe dès 2023. Son homologue allemande Formo devrait lui emboîter le pas. À l’instar de plusieurs autres sociétés, elles sont parvenues à fabriquer des protéines identiques à celles du lait grâce à la fermentation de précision, une technique qui ne nécessite pas l’utilisation d'animaux.

Déjà commercialisés sur le marché américain depuis 2019 par Perfect Day, ces produits issus de micro-organismes (champignons, levures) promettent un plus faible impact sur l’environnement, en comparaison avec l’élevage. En Europe, « moins d’une dizaine » d’entreprises travailleraient sur le sujet, estime Céline Laisney, directrice du cabinet de veille sur l’alimentation AlimAvenir. Avant de commercialiser leurs produits, elles devront faire une demande d’autorisation de mise sur le marché auprès de l’Efsa via le processus « Novel Foods ». L’Efsa n’a, pour le moment, reçu aucune demande mais des start-up se préparent à entrer dans ce processus qui prend habituellement douze à dix-huit mois.

L'interprofession laitière veut évaluer les menaces des produits laitiers in-vitro

Ces start-up arrivent dans un marché du lait déjà occupé à 10% par les alternatives végétales. Difficile de savoir quelle place elles pourront prendre à court terme, mais l'interprofession laitière a déjà missionné un expert pour évaluer la menace, notamment pour le marché des ingrédients. «Elles pourraient entrer en concurrence avec le lait sur le marché des ingrédients, en particulier avec les protéines de lait isolées par fractionnement», analyse Frédéric Gaucheron, du Cniel.

La caséine de Fooditive serait vendue à des entreprises pour être intégrée dans la composition de leurs produits. « Ça peut être utilisé pour produire des jus végétaux, du fromage, des glaces, des yaourts… Les possibilités sont presque infinies », s’enthousiasme Melissa van der Walt chez Fooditive. Avec parfois des applications plus étonnantes : la start-up a été approchée par un fabricant de peintures à base de caséine, utilisées en décoration d’intérieur, qui souhaite proposer à ses clients de la peinture végane

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.