Législation
La concertation sur l’ordonnance visant à encadrer les promotions sur les denrées alimentaires est terminée. Mais sa publication est reportée de quelques semaines suite au mouvement des Gilets jaunes qui accapare le calendrier politique. Dans le projet envoyé au Conseil d’État et dont Agra Presse a pu se procurer une copie, les promotions seront limitées à 34 % du prix de vente aux consommateurs, à partir du 1er janvier ; autrement dit, les promotions du type « un acheté, un offert » vont disparaître. Par ailleurs, les promotions seront aussi limitées en volume à partir du 1er mars, c’est-à-dire dans la part qu’elles représentent dans l’activité d’une entreprise.
Une souplesse devrait être accordée pour les produits périssables – frais, surgelés, congelés, œufs, plats chauds… – « à partir du moment où ils sont menacés d’altération rapide ». Cependant, cette dérogation devrait être assortie d’une condition : les distributeurs ne pourront pas faire de publicité de ces promotions plus importantes à l’extérieur du point de vente. Autrement dit, ces promotions ne pourront être utilisées comme argument de vente sur les prospectus ou panneaux publicitaires pour allécher le client.
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Cette dérogation fait suite aux demandes de certaines filières qui souhaitaient continuer d’utiliser les promotions pour dégager rapidement du marché certains produits, notamment en cas de forte production en fruits et légumes ou pour les produits festifs dont les stocks sont écoulés en promotion après leur période de commercialisation habituelle.
Dans les filières volaille et lapins, on s’inquiète des effets de cette ordonnance à venir. La Confédération nationale de l’aviculture (CFA) constate d’ores et déjà « des contrats revus à la baisse de près de 15 % pour les volailles Label (vendues à 40 % en promotion), des baisses qui ont pour effet direct l’allongement des vides sanitaires et donc un manque à gagner pour les éleveurs ». Favorables à l’encadrement en valeur, les producteurs de la CFA demandent toutefois une « application progressive de l’encadrement en volume ». Le syndicat déplore en particulier « le comportement de certains distributeurs qui semblent profiter de ce futur dispositif pour exercer une pression intolérable sur les prix et les volumes à contractualiser ».