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Viande/Traçabilité-qualité Les professionnels de la viande adoptent une charte anti-fraude

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Les professionnels de la filière viande ont proposé, le mardi 21 mai, la mise en place, avec effet immédiat, d’une charte antifraude afin de restaurer la confiance des consommateurs suite au scandale dit de la viande de cheval. Ils ont également examiné diverses autres améliorations des contrôles qualité, de la traçabilité et de l’étiquetage de l’origine dans les filières viandes et pour les produits à base de viandes. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll et les ministres délégués à l’Agroalimentaire et à la Consommation les ont assurés de leur soutien et ont promis de relayer ces initiatives au niveau de la Commission européenne pour qu’elles soient étendues, si possible, à l’ensemble de l’Union.

Réunis le mardi 21 mai autour de Benoît Hamon, ministre délégué chargé de la Consommation, et Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l’Agroalimentaire, les représentants de la filière viande ont présenté les conclusions des groupes de travail institués le 21 février dernier pour améliorer la qualité, la traçabilité et l’étiquetage de l’origine dans les filières et pour les produits à base de viandes. « L’objectif des mesures envisagées est de renouer un lien de confiance avec les Français et celles-ci permettent de franchir une première étape décisive car elles concrétisent un engagement fort de tous les acteurs », a estimé Guillaume Garot, lors d’un point presse à l’issue de cette réunion.
La première mesure est l’adoption d’une charte antifraude pour se protéger contre toutes les tentations de fraude qui pourraient se présenter. Son application est à effet immédiat, a précisé le ministre de l’Agroalimentaire. Les grandes lignes, qui seront accompagnées de visuels et de documentaires, seront mises en ligne sur le site de l’Ania et relayées par ses délégations régionales. Cette charte est un engagement pour améliorer les contrôles sur la qualité et veut détecter via des signaux d’alerte toute tentative de fraude.

Un code qualité pour les consommateurs

La deuxième mesure phare des propositions faites par la filière est la mise en place d’un code qualité à l’usage des consommateurs, appelé code des usages par les professionnels, « qui déterminera un ensemble de règles applicables à toutes les viandes utilisables dans les plats préparés », a expliqué Guillaume Garot. Certains morceaux ne seront pas autorisés dans ce qu’il est convenu d’appeler le minerai. Ce code sera effectif à la rentrée et définira précisément ce qui entre dans la composition des plats préparés. Cela pourrait être matérialisé par un logo assurant de l’origine des viandes incorporées. Une véritable information à destination des clients sera faite pour assurer la transparence sur cette origine, en faisant connaitre le nom des entreprises qui adhérent à une telle démarche.

Une action auprès des autorités de Bruxelles

« L’enjeu de la traçabilité est du ressort des professionnels eux-mêmes, mais également de la Commission européenne », a précisé Benoît Hamon. Il appartient à cette dernière d’accélérer la remise de son rapport sur l’origine des viandes et la généralisation de cet étiquetage. Il a regretté à cet égard que la Grande Bretagne, très active lors du déclenchement de la crise du cheval, ait depuis adopté un « low profile » sur le sujet. Les trois ministres ont assuré les professionnels qu’ils feraient le maximum auprès de Bruxelles pour que s’engage une démarche similaire au niveau européen pour adopter une charte anti-fraude commune à tous. Ils demanderont également la création d’un réseau européen antifraude qui permette de coordonner les actions des différentes polices et autorités judiciaires des états membres. Ils demanderont également que soient mieux encadrées les activités du métier de « trader » pour aboutir à un agrément spécifique de cette profession. Benoît Hamon a précisé que les services de la concurrence et répression des fraudes, tout comme les services vétérinaires avaient renforcé leurs contrôles dans les entreprises et enseignes, comme annoncé pour tous les produits à base de viande et poissons pour 2013. « Ce dispositif pourrait être maintenu pour toute l’année 2014, a-t-il espéré. Il faut pouvoir sortir de cette crise par le haut ce qui implique de rehausser le niveau des exigences ». Cela est d’autant plus impératif car le modèle d’une alimentation «low cost » gagne du terrain en raison de la crise, selon lui.

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