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Dioxines Les professionnels de l’incinération veulent redorer leur image

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Opération reconquête. Les professionnels de l’incinération veulent sortir leur activité de l’image négative qui lui est accolée. Ils misent en particulier sur la transparence de l’information et se disent prêts à mesurer en continu les émissions de dioxines de leurs installations. Sous réserve, toutefois, que l’Etat le prenne en charge.

Les professionnels de l’incinération veulent renouer le dialogue avec l’opinion publique et les acteurs locaux. « Il faut descendre de notre arrogance technocratique et être davantage à l’écoute des médecins, des riverains et des élus », a déclaré le 16 mars Luc Valaize, le président du Syndicat national du traitement et de la valorisation des déchets urbains et assimilés (SVDU), lors d’un point presse organisé à Paris en présence du toxicologue Jean-François Narbonne. « On n’a pas assez écouté les médecins », regrette-t-il, allant jusqu’à reconnaître que « les associations de défense de l’environnement nous ont aidés à progresser ». Un mea culpa destiné à poser les bases d’une nouvelle relation avec les détracteurs des incinérateurs, alors que les oppositions locales à la construction de nouvelles installations sont toujours extrêmement fortes. « On veut redevenir audibles pour obtenir une meilleure acceptation de nos activités », résume le président du SVDU qui compte parmi ses adhérents 92 des 130 incinérateurs installés sur le territoire français (87% du tonnage incinéré).

Optimiser les rendements énergétiques

Désireux de jouer la carte de la transparence, le SVDU dit prêt à accepter un prélèvement en continu des émissions de dioxines à la sortie des cheminées (la loi prévoit actuellement deux mesures par an), sous réserve toutefois que l’Etat le prenne en charge, « pour des raisons d’impartialité ». « On souhaite que cela soit fait par les DRIRE Directions régionales de l’industrie de la recherche et de l’environnementafin qu’on ne puisse pas nous dire ensuite que ce sont les incinérateurs qui payent les labos » , explique le président du SVDU.

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Le plan de reconquête de l’opinion publique met également en avant la contribution de l’incinération à la production d’énergie renouvelable. Luc Valaize veut engager les adhérents de son syndicat sur le chemin de l’optimisation des rendements énergétiques des installations, sur celui du soutien au développement des réseaux de chaleur, du captage du CO2 sur les incinérateurs. Le président du SVDU veut « redonner toute sa place aux incinérateurs » au sein du syndicat des énergies renouvelables (SER). Il demande en outre aux pouvoirs publics la mise en place d’ « incitations positives ». A titre d’exemple : l’exonération de TGAP pour les incinérateurs les plus vertueux en matière de rendement énergétique, ou la hausse du tarif d’achat actuel de l’électricité produite (4,5 centimes d’euros/Kwh actuellement,, « soit deux fois moins que l’éolien »).

Le syndicat souhaite enfin que la totalité des installations d’incinération organisent au moins une journée porte ouverte chaque année.