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Ail Les professionnels européens de l’ail continuent de craindre la Chine

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Les organisations professionnelles et coopératives agricoles européennes (Copa-Cogeca) demandent à la Commission de Bruxelles de ne pas prendre pour référence 2009, année « exceptionnelle » où les prix de l’ail ont quelque peu remonté, pour chiffrer les concessions que l’UE doit offrir à la Chine dans ce secteur en compensation du dernier élargissement de l’Union.

Depuis le 1er juin 2001, les importations d'ail sur le marché communautaire sont soumises à un droit de 9,6 % et un montant spécifique de 1 200 euros par tonne, à l’exception d’un contingent tarifaire de 58 870 tonnes réparti sur des périodes trimestrielles pour l’Argentine, la Chine et d’autres pays tiers. Néanmoins, les livraisons d'ail chinois à un prix moyen correspondant à un tiers des coûts de production dans l’UE pour la période 2006-2008 ont conduit « à une baisse de la surface de production en Espagne et en France, à la perte de nombreux emplois et à la détérioration du tissu industriel dans des zones rurales où la production d’ail est la principale activité économique », souligne le Copa-Cogeca dans une lettre adressée aux services de la Commission européenne.

2009, année « exceptionnelle »

En 2009, les producteurs d’ail européens ont été « un peu moins pénalisés » par la concurrence chinoise suite à une remontée des prix, bien que ceux-ci soient toujours inférieurs de 50 % aux coûts de production dans l’UE, poursuivent les organisations professionnelles et coopératives agricoles européennes.
Le Copa-Cogeca fait donc valoir le « caractère exceptionnel » de l’année 2009 pour demander que celle-ci ne soit pas prise comme référence, car cela aboutirait une « surcompensation » en faveur de la Chine dans le cadre de l’accord du Gatt qui prévoit l’octroi de concessions commerciales suite à l’intégration de la Roumanie et de la Bulgarie à l’union douanière de l’UE. Concessions qui prendront la forme d’une extension du contingent tarifaire d’importation pour l’ail chinois.
De plus, ajoutent les organisations agricoles, « un accord avec le Mercosur qui inclurait l’ail originaire d’Argentine, grand pays producteur d’ail à bas prix, serait catastrophique pour le secteur ». L’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) a annoncé récemment l’interception, à la frontière entre la Norvège et la Suède, d’un poids-lourd transportant 28 tonnes d’ail frais chinois de contrebande (1).

(1) Voir n° 3261 du 19/07/10

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