A l'occasion de la Conférence internationale sur les biocarburants organisée par la Commission européenne les 5 et 6 juillet derniers à Bruxelles, les dirigeants de l'Union européenne, le Président de la Commission Jose Manuel Barroso en tête, ont plaidé pour l'ouverture de l'UE aux importations de biocarburants en provenance des pays en développement afin de réduire sa dépendance au pétrole et ses émissions de CO . Une perspective qui ne fait pas vraiment plaisir ni à l'industrie agroalimentaire ni au secteur agricole européens.
A l'encontre des intentions affichées de la Commission européenne d'ouvrir le marché de l'UE aux importations de biocarburants, la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l'UE) réclame avant tout à l'Union européenne d'assurer la disponibilité et la compétitivité des approvisionnements agricoles de matières premières pour la fabrication des produits alimentaires et des boissons. De son côté, le COPA et le COGECA (syndicats agricoles et coopératives européennes), dénoncent la concurrence déloyale des biocarburants étrangers et plaident pour l'établissement de contingents d'importation des biocarburants.
« Le développement des biocarburants constitue un défi important pour l'industrie alimentaire et des boissons européenne » a indiqué Jean Martin, président de CIAA. Selon lui, le lancement de plusieurs programmes de promotion des biocarburants autour du globe contribue aux tensions sur les prix sur les marchés agricoles. Il estime que la diversification des sources de biocarburants constitue un des objectifs de la CIAA dans ses tentatives de réduire des tensions dans certains secteurs. Le patron du lobby agro-alimentaire estime que pour maintenir sa compétitivité, l'industrie doit pouvoir compter sur la disponibilité suffisante de matières de base. Il invite donc la Commission européenne à « assurer la surveillance régulière de la disponibilité des matières premières sur les marchés agricoles et à installer des mécanismes de sauvegarde pour empêcher ou parer à toute situation de crise ». Jean Martin considère par ailleurs que la matière première importée pour l'utilisation de biocarburants devra être conforme aux normes internationales existantes comprenant notamment « de bonnes pratiques agricoles et des critères spécifiques de durabilité ».
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Pour des contingents d'importation de biocarburants
Pour les deux organismes agricoles européens, le Copa et le Cogeca, l'importation de biocarburants, encouragée par les dirigeants européens, risque de mettre à mal les producteurs locaux. Selon elles, l'agriculture et la sylviculture de l'Union Européenne élargie à 27 Etats membres « risquent de ne pas pouvoir exprimer leur plein potentiel de production à cause des importations qui souvent profitent de conditions avantageuses ». Elles soulignent que ces importations « profitent des coûts plus bas à cause du non-respect de normes sociales et environnementales comme le quasi-esclavage dans les plantations en Amazonie au Brésil ».
Raison pour laquelle « la production et le commerce des biocarburants doivent être régis par des règles strictes de durabilité ». Le Copa et la Cogeca recommandent notamment « l'établissement de contingents d'importation pour les biocarburants correspondant à 7 % de la production communautaire de l'année 2006 ».