Abonné

Sanitaire Les propositions de Bruxelles inquiètent les inspecteurs sanitaires

- - 3 min

Une délégation d’inspecteurs sanitaires a été reçue, le 17 septembre, par des parlementaires européens. L’objectif : mettre un veto à la révision du Paquet hygiène proposée par Bruxelles qui simplifierait les contrôles sanitaires en abattoirs.

«Si ces réformes aboutissent, les produits à base de viande de porc seront susceptibles de contenir des lésions et des viandes impropres que les consommateurs ne s’attendent pas à manger », a alerté EWFC (regroupement d’associations des contrôleurs européens de l’alimentation et inspecteurs des viandes), dans un communiqué, le 13 septembre. La Commission européenne propose une révision du Paquet hygiène, politique européenne en matière d’hygiène de l’alimentation humaine et animale applicable depuis le 1er janvier 2006, notamment sur la modernisation de l’inspection de la viande. La proposition doit être soumise aux votes des députés européens, le 25 septembre prochain. L’EWFC appelle le Parlement à « rejeter en bloc » ces propositions sur l’inspection sanitaire dans les abattoirs de porcs. Si la proposition n’obtient pas de majorité suffisante en commission, elle sera examinée en plénière les 6 et 8 octobre prochain.
 
Risques qualitatifs et sanitaires
Concrètement, Stéphane Touzet, vice-président d’EWFC, précise : « Il s’agirait de n’autoriser que les contrôles sanitaires visuels en abattoirs ». Autrement dit, les contrôles qui nécessitent une manipulation des carcasses en abattoirs, jusque-là autorisés, seraient interdits. « Par exemple, les inspecteurs ne seraient plus autorisés à faire des incisions des ganglions de la tête et à retirer les abcès, s’il y en avait », poursuit l’inspecteur. Il s’agit là d’un risque de détérioration de la qualité des produits destinés aux consommateurs. « Privés d’informations, les consommateurs seront de facto privés de choix », prévient EWFC. Mais il y a aussi un risque pour la santé publique : « Les inspecteurs ne seront plus en mesure de repérer autant de maladies animales qu’ils le font actuellement », ajoute l’EWFC.
Les inspecteurs sanitaires ne comprennent pas les arguments de la Commission européenne qui justifie sa proposition par les risques de contamination croisée des carcasses liés à l’inspection. «Prenez un abattoir qui abat 650 porcs à la journée. Les carcasses sont manipulées toute la journée par les salariés qui abattent, découpent et vident », constate Stéphane Touzet. Ces manipulations sont sécurisées et contrôlées, on ne voit pas pourquoi les inspecteurs ne prendraient pas les mêmes précautions en manipulant les carcasses. Pour la suite, la Commission et la présidence du Conseil devraient organiser le 15 octobre à Bruxelles un « événement » consacré à la modernisation de l’inspection de la viande (1).
 
(1) Voir n° 3408 du 22/07/13

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.