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Étiquetage Les propositions de Bruxelles préoccupent l’industrie agroalimentaire

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Approche ingérable, timing inapproprié, source de confusion pour les consommateurs, frein à la compétitivité des entreprises. Si elles ont été globalement bien accueillies par les associations de consommateurs, les récentes propositions de la Commission européenne sur l’étiquetage alimentaire général et l’étiquetage nutritionnel ne font pas en revanche sauter de joie les représentants professionnels de l’agroalimentaire. Eurocommerce les qualifie de mesures contradictoires tandis que la CIAA parle même de « menaces sur le marché unique ».

Les réactions n’ont pas tardé sitôt après que la Commission européenne a fait connaître, le 30 janvier, sa proposition de règlement modifiant la réglementation européenne sur l’étiquetage des aliments et des boissons. Celles que traduit la Confédération européenne de l’industrie alimentaire (CIAA) sont parmi les plus dures. Ce qui gène le plus la CIAA est le fait que la proposition de la Commission sur l’étiquetage des aliments permettrait la coexistence de mesures nationales volontaires avec des règles européennes obligatoires, ce qui, à ses yeux, pourrait « affaiblir le marché unique et par conséquent la compétitivité de l’industrie européenne ». Une prolifération de règles nationales, dit-elle, ne ferait qu’alimenter la confusion des consommateurs au lieu de les informer.

Pas viable

Concernant la lisibilité des étiquettes, la CIAA affirme que ce que propose Bruxelles n’est tout simplement pas viable. « C’est plus qu’une simple question de taille des caractères, il s’agit de fournir la bonne information tout en tenant compte des contraintes de la réalité et en particulier de la taille des paquets et de l’espace laissé à l’image de marque ».

Pour l’étiquetage de l’origine géographique des produits, la CIAA veut se contenter des règles obligatoires en vigueur dans la mesure où, estime-t-elle, « l’ajout du pays d’origine ou du lieu de provenance des ingrédients serait particulièrement ingérable ». La CIAA regrette enfin que son système volontaire d’étiquetage nutritionnel Cf Agra alimentation n° 1969 du 05.04.07 p. Une, « souscrit pourtant par de plus en plus d’opérateurs », n’ait pas retenu toute l’attention de la Commission européenne.

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Des frais supplémentaires, dénonce le commerce de détail

Pour EuroCommerce, le porte-parole du commerce de détail, de gros et du commerce international, l’exigence d’une taille minimale de la police de 3 mm pour toutes les dispositions d’étiquetage obligatoire va créer des « dépenses considérables pour les entreprises du secteur alimentaire sans aucun avantage pour les consommateurs ». Cette nouvelle exigence conduirait, selon elle, à une augmentation de la taille des paquets, « ce qui va à l’encontre de tous les efforts déployés par les différents acteurs et en contradiction avec les initiatives de la Commission pour réduire les déchets d’emballage ».

En ce qui concerne les nouvelles règles sur l’étiquetage nutritionnel, les mesures proposées iraient trop loin dans la mesure où elles imposeraient trop d’indications sur le devant de l’emballage, ce qui contredirait l’objectif d’une information au simple coup d’œil. « Nous regrettons que les engagements volontaires en matière d’étiquetage des aliments au détail pris par les entreprises auprès de la plate-forme nutrition de l’UE n’aient pas eu plus de temps de produire leurs résultats avant que l’UE ne légifère », affirme Xavier Durieu, le secrétaire général d’EuroCommerce.

En revanche, le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) se félicite de la volonté de la Commission de s’attaquer au problème de l’obésité en introduisant des règles contraignantes en matière d’étiquetage nutritionnel. « Nous estimons que seules des normes obligatoires permettront aux consommateurs européens d’être correctement informés et de faire les bons choix en matière d’alimentation et nous sommes heureux de voir que les opérateurs seront désormais obligés d’étiqueter quatre nutriments importants ainsi que l’apport énergétique à l’avant du paquet ». Le Beuc regrette cependant que la Commission n’ait pas offert aux consommateurs un système de code de couleurs multiples européen, qui leur permettrait d’estimer en un coup d’oeil la valeur nutritionnelle d’un produit alimentaire. L’utilisation d’un tel code de couleurs indiquerait par des couleurs (rouge, verte, jaune) si le taux de nutriments essentiels (graisses, sucre, sel, acides gras trans, etc) est « élevé», « moyen » ou « faible ». Le Beuc préconise aussi un étiquetage nutritionnel plus complet, incluant les protéines et les fibres.