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Forêt Les propriétaires forestiers sylviculteurs se sentent délaissés

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Aides en recul, TVA trop élevée, fret SNCF en berne, dégâts de gibier en hausse, inflation réglementaire... Les propriétaires forestiers sylviculteurs ont manifesté leur « ras-le-bol » le 16 septembre en assemblée générale à Paris. Nicolas Forissier, le secrétaire d’Etat à l’Agriculture, en a fait les frais.

« A toutes nos propositions, au mieux on nous oppose l’absence de moyens, au pire on ne nous répond pas ». Nommé il y a six mois au poste de secrétaire d’Etat à l’Agriculture pour seconder Hervé Gaymard, Nicolas Forissier a été fraîchement reçu le 16 septembre par le président de la Fédération nationale des syndicats de propriétaires forestiers sylviculteurs (FNSPFS), Henri Plauche-Gillon. Motif du mécontentement : le sentiment des forestiers de ne pas être écoutés par leur ministère de tutelle sur de nombreux dossiers structurels ou conjoncturels. L’absence d’Hervé Gaymard – « qui pour la 4e fois ne peut se rendre à notre invitation», explique Henri Plauche-Gillon – a cristallisé les mécontentements malgré les efforts déployés par Nicolas Forissier pour excuser le ministre et expliquer que la forêt reste « au premier rang» des préoccupations de la rue de Varenne.

Dégel de 9 millions d’euros

Les motifs d’inquiétudes et de mécontentements sont multiples. Un des plus récents concerne l’augmentation des tarifs de fret de la SNCF et la forte réduction du nombre de gares dédiées au bois. La réaction du secrétaire d’Etat n’a pas été, en l’espèce, d’un grand réconfort : Nicolas Forissier a en effet expliqué que le gouvernement n’avait pas à s’immiscer dans les relations commerciales concernant la SNCF et ses clients, ajoutant que la situation de Fret-SNCF est fortement déficitaire depuis plusieurs années. A tout le moins, le secrétaire d’Etat s’est-il félicité de la parution d’une circulaire relative à l’augmentation des tonnages pour le transport des bois ronds. Sur le chapitre budgétaire, Nicolas Forissier a annoncé le dégel de 9 millions d’euros de crédits de paiement pour un certain nombre de dossiers de subvention – en attente depuis l’été – dans le cadre de la reconstitution des forêts après les tempêtes de 1999. Mais sans donner plus de précisions quant aux discussions entourant la préparation du budget du ministère pour 2005, si ce n’est pour expliquer que « nous devons accepter collectivement la nécessaire maîtrise de nos dépenses publiques ». Autre dossier d’importance, celui des assurances forestières. Sur ce point, le représentant du ministère a réaffirmé qu’une transposition à la forêt du régime des calamités agricoles n’était pas une solution « viable», et qu’il espérait un arbitrage interministériel rapide sur le dispositif d’« épargne de précaution » proposé par les professionnels.

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Un appel aux chasseurs

Enfin, concernant le délicat chapitre des dégâts aux forêts provoqués par la faune sauvage, Nicolas Forissier a tenu à expliquer que le gouvernement n’envisageait pas de nouveau dispositif d’indemnisation, mais a demandé aux chasseurs « une réelle prise en considération» des préjudices subis par les propriétaires forestiers ne tirant pas bénéfice du droit de chasse.

Quelques points soulevés par Henri Plauche-Gillon n’auront pas reçu de réponse de la part du secrétaire d’Etat. Y figurent notamment, la « trop faible » demande publique en bois certifiés, la question de la rémunération des services environnementaux et sociaux rendus par la forêt, et le souhait des professionnels de voir passer la TVA sur le bois-énergie de 19,6% à 5,5%.