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Maladies à prion Les raisons pour continuer le Plan Tremblante

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« Arrêter maintenant le génotypage des ovins serait ridicule », a déclaré le 30 novembre Jean-Michel Elsen, de l’INRA Toulouse, lors d’une conférence organisée par les laboratoires Bio-Rad. Cette manifestation internationale, réunissant des chercheurs, scientifiques et décideurs politiques, a permis de faire le point sur les dernières évolutions concernant les Encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST).

Il a été question du plan français contre la tremblante du mouton, qui doit s’achever cette année. « L’objectif est que la population des géniteurs soit le plus proche du génotype résistant à la maladie. Or, on est à 90%», a précisé Jean-Michel Elsen.

Un délai de 20 ans

L’Etat a dépensé 14 millions d’euros pour le plan quinquennal d’amélioration génétique de la résistance à la tremblante. Quelque 100 000 génotypages ont été réalisés chaque année. L’idée est de sélectionner des animaux résistants dans le noyau de sélection, qui regroupe 5 à 10 % de la population. Leurs gènes sont alors diffusés dans le cheptel commercial. « C’est un processus qui met du temps, a-t-il souligné. Il faudra 20 ans, d’après les modèles mathématiques.»

Mais les résultats sont apparemment là. Dans une vidéo, un éleveur basque a signalé que les quelques animaux malades dans son troupeau concernaient les vieilles générations.

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Cas atypiques

L’apparition de cas de tremblante atypique, y compris chez les animaux de génotype résistant, peut susciter des doutes sur l’efficacité de la sélection. Cette dernière repose sur une version du gène PrP codant la protéine prion, l’allèle ARR. « Très peu d’animaux homozygotes ARR souffrent de la maladie atypique», a déclaré Jean-Michel Elsen. Pour Olivier Andréoletti, de l’ENV Toulouse, « la sélection de l’allèle ARR est utile et fiable». Il a rappelé l’intérêt du Plan Tremblante, qui est de protéger l’homme d’une possible transmission de l’ESB, la première maladie pouvant masquer l’autre. Les cas atypiques sont donc sous haute surveillance. On en dénombre 61 en France sur les trois dernières années, dont 57 chez des moutons, 4 sur des chèvres.

La lutte contre la tremblante s’organise aussi sur le plan européen. « Le plan français a été repris par l’UE, a souligné Kris de Smet, de la DG Sanco (Commission européenne). Il existe un consensus européen pour continuer la sélection, au moins jusqu’en 2007. »