La Confédération paysanne craint que Le Foll ne renie ses promesses
La Confédération paysanne craint que le ministre de l’Agriculture soit « tenté de s’éloigner des belles ambitions pour l’emploi, l’élevage et l’agroécologie qu’il a tant affichées », poussé par « la FNSEA et ses satellites arc-boutés sur leurs acquis ». La Confédération paysanne continue de « marteler ses revendications pour une PAC qui change réellement les choses », avec une « convergence des aides totale et rapide », une majoration des 50 premiers hectares « de façon conséquente, avec 30% de l’enveloppe », et une orientation des 13% d’aides couplées « vers les productions les plus en difficulté, l’élevage de tous les ruminants, notamment des ovins et caprins, ainsi que fruits et légumes ». Elle rappelle que le second pilier doit être « un levier de développement rural », et ne pas « servir l’industrialisation de l’agriculture et à la gestion des risques via les assurances ».

La Coordination rurale propose un cinquième scénario de « transition »
La Coordination rurale (CR) a été reçue par François Hollande, mercredi 25 septembre, pour présenter son scénario d’adaptation française de la réforme de la PAC, qu’elle voit comme une transition vers un « grand projet de développement agronomique et économique qui devra s’opérer à partir de 2020 ». Elle s’oppose au principe de convergence des aides, « qui ne permettra pas de flécher les aides vers les zones difficiles », et demande qu’elle « soit la moins poussée possible, avec l’option de 30 % de pertes maximum ». La CR veut limiter au maximum le paiement « vert », demande « qu’un système d’équivalence pour les mesures agroenvironnementales soit mis en place », et « aspire à une mise en place la plus lente possible de l’abandon des terres sacrifiées au titre des surfaces à intérêt écologique ». Elle souhaite « limiter au maximum le couplage des aides », car il risque d’être « confisqué par l’aval et l’amont de la production », sauf pour les protéines végétales.
Elle réfléchit déjà à une Pac post-2020, qui sera basée sur une « régulation des prix des produits agricoles sur la base de leur réelle valeur économique », la « création d’un observatoire européen des productions et des marchés (OEPM) au sein de l’UE et d’un ajustement des niveaux de production en fonction des variations de prix», et d’une « réduction du déficit de production agricole ».

Le Modef « en faveur des mesures les plus redistributives »
Le Modef, qui regrette que la réforme de la PAC « n’ait pas été dotée d’outils de maîtrise et de régulation des prix et des marchés », défend la convergence à 100% des paiements de base, le paiement redistributif au profit des 52 premiers hectares « en utilisant toute l’enveloppe dédiée à ces aides majorées », et a proposé que « les marges de couplages supplémentaires soient utilisées pour les 40 premières vaches de chaque exploitation laitière en maintenant à son niveau l’ensemble des primes couplées élevage existantes ». Il demande également d’activer le paiement spécifique en faveur des nouveaux installés, prévu sur le premier pilier.

La FNPL plaide pour un fond de modernisation des exploitations
La fédération des producteurs de lait (FNPL) de la FNSEA réitère sa demande d’une prime à la vache laitière « dont le niveau d’aide permette aux éleveurs de croire en l’avenir », qu’elle estime « nécessaire pour conforter l’emploi ainsi que la production laitière en France ». Elle soutient également « une réévaluation substantielle de l’ICHN (Indemnités compensatoires de handicaps naturels). Si elle n’évoque plus pour l’instant la surprime aux 52 premiers hectares, étudiant ses conséquences en cas d’une attribution à un trop grand nombre d’exploitations, elle évoque l’idée d’un transfert du budget du premier vers le second pilier, notamment pour mettre en place un plan de modernisation « à la hauteur des besoins offrant des perspectives aux producteurs de lait », abondé également par l’Etat.

La FNB juge négatifs les projets d’arbitrages sur la Pac
« La colère monte ! », interpellent les professionnels de la FNB (Fédération nationale bovine) dans un communiqué, le 25 septembre. La fédération juge « négatifs » les projets d’arbitrage de la Politique agricole commune (Pac) pour leur production. Elle rappelle les dispositions attendues par les professionnels : « une enveloppe attribuée à la future aide couplée vache allaitante d’au moins 200 euros pour l’ensemble du cheptel », une orientation du soutien aux protéagineux vers l’élevage ruminant en zone de plaine notamment, la possibilité de retournement des prairies « pour favoriser l’autonomie alimentaire », une revalorisation et un déplafonnement des ICHN (indemnités compensatoires de handicaps naturels). Autre dossier brûlant : la filière veaux française. La FNB rappelle qu’une solution est attendue pour les éleveurs de veaux pour qui le montant des aides pourrait baisser significativement dans le cadre de la Pac 2014-2020.

FNE : l’environnement « oublié »
Pour France Nature environnement, Stéphane Le Foll a tout simplement « oublié l’environnement et l’agro-écologie », dans son positionnement, à l’issue du CSO du 26 septembre, sur la déclinaison française de la Pac. « Très loin de son projet “agro-écologie pour la France”, Stéphane Le Foll a proposé un projet qui enterre un peu plus le verdissement » alors même que le texte de réforme de la Pac est déjà « d’une grande faiblesse dans ses ambitions environnementales », a jugé la fédération d’associations environnementalistes. Pour FNE, les conclusions de la Conférence environnementale « ont déjà mis à mal l’agro-écologie en remettant en avant la création de grands bassins d’irrigation qui génèrent une agriculture intensive, à l’opposé de l’agro-écologie ». Avec ce positionnement de Stéphane Le Foll, sur les arbitrages nationaux de la Pac, Bruno Genty, président de FNE estime que « tous les signaux pour l’environnement sont au rouge et plus rien ne légitime le budget de la PAC. Nous demandons à Stéphane Le Foll d’arrêter le double discours entre agro-écologie et mesures en faveur d’une minorité d’agriculteurs les plus intensifs ».

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