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- Les syndicats majoritaires inquiets de la volatilité et du manque de compétitivité
Suite à la publication des revenus agricoles 2011 par la commission des Comptes de l’agriculture, la FNSEA « réitère sa volonté de voir la France agricole retrouver toute sa compétitivité ». Le syndicat évoque en effet une baisse de 2,3 % en rappelant que « le revenu agricole enregistre une croissance à deux chiffres » en Allemagne. Pour Orama, l’organisation des grandes cultures, cette baisse confirme le besoin indispensable de « permettre aux exploitants de s’adapter (à la réforme de la Pac) en gagnant en compétitivité ». De son côté, l’APCA (Chambres d’agriculture) retient le résultat courant avant impôts par actif non salarié des moyennes et grandes exploitations, qui subit une contraction de 3,6 %. Pour le syndicat, « ces résultats illustrent l’extrême volatilité des prix et des coûts de production et donc du revenu agricole. (Presque) toutes les productions ont connu des variations annuelles du revenu allant du simple au double », rappelle leur communiqué.
- La CR dénonce la politique agricole, la CP condamne les énormes disparités
Réagissant aux chiffres des revenues agricoles 2011, la Coordination rurale déplore l’« énième baisse du revenu des agriculteurs en 2011 de 6,8 % » (revenu net d’entreprise par actif non salarié) dans un communiqué de presse daté du 20 décembre. La CR déplore ainsi « la prochaine réforme de la Pac qui, persévérant dans l’erreur, consacre l’abandon des outils de gestion et de régulation des productions et des marchés agricoles ». La Confédération paysanne critique de son côté les chiffres publiés. « Ces différents chiffres masquent les énormes disparités de revenu des différentes catégories de paysans. La viticulture courante et d’appellation s’envole à 55,9 milliers d’euros par actif quand l’arboriculture fruitière s’effondre à 4,7 milliers d’euros », alerte-t-il.
Précision : le pourcentage de baisse évoqué dans l’Agrafil spécial revenu (3,6 %) du 20 décembre concernait les actifs non salariés des exploitations moyennes ou grandes ; le résultat net par actif marque une baisse de 2,6 % en termes réels tandis que le revenu net d’entreprise agricole par actif non salarié diminue de 6,8 % Pour sa part, le Modef titre son communiqué « Stop au massacre des paysans », invoquant le chiffre de 9,2% du revenu net d’entreprise de la ferme France. « Tout en produisant plus, la ferme France voit sa situation se dégrader d’année en année malgré l’équivalent de 10 milliards d’euros de subventions nationales et européennes.
- Le revenu des maraîchers divisé par trois et celui des arboriculteurs inférieur au RSA
Le revenu des maraîchers a été divisé par trois et celui des arboriculteurs est inférieur au RSA, ont commenté le 21 décembre les deux fédérations professionnelles des producteurs de la FNSEA, Producteurs de légumes de France et la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF). Le revenu courant avant impôt par actif non salarié des producteurs de légumes est passé de 31 400 euros en 2010 à 10 400 cette année, indique la fédération des maraîchers. Les causes de cette chute sont bien sûr la crise sanitaire E. coli, mais sur un terrain fragilisé par « l’insuffisance des réformes du gouvernement en faveur de la compétitivité des entreprises de production de légumes » et « le zapping permanent entre origines sur le seul critère du prix ». De son côté, la FNPF, citant les sources officielles du ministère de l’Agriculture, indique que « le revenu arboricole moyen en 2011 serait de 4 700 euros ». Dans le même temps, « un Smic annuel est de 16 726 euros bruts et le RSA pour un célibataire sans enfant de 5 604 euros! ». Les arboriculteurs, « travailleurs acharnés, gagnent aujourd’hui moins que le RSA pour fournir à la population française des produits de première nécessité », souligne la FNPF.