FNSEA : « 2009 confirme 2008 »
« La situation qui se dessine en 2009 ne fait hélas que confirmer la tendance de 2008 », regrette la FNSEA dans un communiqué publié le 1er juillet : « Des baisses de revenu structurelles et récurrentes dans certains secteurs qui mettent en cause des fermes et des vies ; d’autre part, des retournements de conjonctures liés au yo-yo des prix, résultat inéluctable des politiques de dérégulation. » Mettant en avant les atouts de l’agriculture française, la fédération demande au gouvernement et au nouveau ministre « de prévoir, comme en 2008, un rendez-vous sur le revenu agricole à l’automne afin de mettre toutes les cartes sur la table et dégager les moyens pour une agriculture que producteurs et consommateurs veulent compétitive et durable ».
Chambres d’agriculture : « volatilité des prix et crise économique pèsent lourdement »
« Les dernières estimations des comptes de l’Agriculture de 2008 confirment la dégradation de la conjoncture agricole fortement impactée par la crise économique mondiale et un décrochage particulièrement fort du revenu agricole par rapport au revenu moyen des ménages » soulignent les chambres d’Agriculture. Pour Luc Guyau, leur président, « l’extrême volatilité des prix démontre toute la nécessité de préserver et de rénover les mécanismes de régulation et de filets de sécurité […]. C’est tout l’enjeu de la PAC de l’après 2013 et nous refusons de penser que le détricotage de cette politique est inéluctable ».
Chute des revenus : Jeunes agriculteurs demandent « une politique volontariste et responsable »
« D’année en année, et dans un contexte de volatilité des prix, nous subissons les effets du démantèlement des outils de régulation des marchés » commente William Villeneuve, président de Jeunes Agriculteurs. Face à cette dégringolade des revenus, le syndicat demande qu’une politique volontariste et responsable soit mise en œuvre. « Pour arrêter cette spirale à la baisse des revenus agricoles, il ne faut pas tout attendre d’une embellie ou d’éventuelles aides supplémentaires. Il vaut mieux organiser nos filières, contractualiser pour stabiliser nos revenus sur le long terme ! » En amont le syndicat propose de « limiter l’impact des hausses de charges (alimentation animale, intrants) par la contractualisation pour sécuriser au maximum les approvisionnements. En aval : se battre avec les consommateurs pour un juste prix des produits agricoles et une transparence des marges ».
Confédération paysanne : un « hold-up de 3,1 milliards d’euro dans la caisse de tous les paysans »
Pour la Confédération paysanne, « la baisse de 3,1 milliards d’euros de revenus des paysans est la conséquence directe du démantèlement des outils de régulation qui provoque des fluctuations des prix souvent catastrophiques ». Si les céréaliers chutent de 29,9% par rapport à 2007, « ils avaient bénéficié d’une progression de 92% en 2007 » rappelle la Confédération paysanne. « Quant à la crise laitière, elle n’apparaîtra dans les comptes de l’agriculture qu’en 2009 ». Le syndicat met l’accent sur les « énormes disparités au sein de la profession agricole puisque, avec un revenu médian à 24 000 euros par actif, les producteurs en grandes cultures sont à 36 000 euros (…) les éleveurs de bovins viandes à 16 000 euros et ovins à 13 000 euros ». Le chantier d’une nouvelle politique agricole pour 2013 devra « donner des outils concrets qui permettent une agriculture riche en emplois dignement rémunérés et une alimentation de qualité pour tous les citoyens européens » conclut le syndicat.
Coordination rurale : « travailler de plus en plus pour gagner de moins en moins ! »
« Les chiffres annoncés ne font hélas que confirmer le ressenti de la plupart des agriculteurs » souligne la Coordination rurale (CR) dans un communiqué : « toutes les productions sont touchées et la baisse vertigineuse annoncée de 20,3 % du revenu des agriculteurs n’est qu’une moyenne, qui cache des situations individuelles dramatiques » poursuit le syndicat. « Les mesures du bilan de santé de la PAC aggraveront la situation des uns et ne seront qu’un saupoudrage bien insuffisant pour les autres. » Selon la CR, « la solution est ailleurs. […] Elle passe par une PAC rénovée en profondeur, qui garantisse aux consommateurs une production de qualité et adaptée aux besoins ».

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