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Les réactions des entreprises concernées

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Ce rapport qui ne dresse pas un tableau fondamentalement noir des entreprises agroalimentaires n’a guère connu de publicité dans les medias, et les entreprises citées ont fait preuve d’une certaine discrétion. Elles ont ainsi communiqué via leurs sites internet sur leur présence dans le classement édité chaque année par le magazine Fortune sur les Entreprises les plus admirées au monde (Coca Cola, numéro 4, Nestlé numéro 12, PepsiCo numéro 37, Unilever numéro 39), General Mills, Danone, Kelloggs et Kraft pointant au-delà de la cinquantième place), Mars n’y figurant pas mais se félicitant de sa 95e place des compagnies où il fait bon travailler, selon un autre classement de Fortune. Seules deux des dix sociétés analysées par Oxfam ont cependant réagi à l’étude de l’organisation caritative et l’ont officialisée sur leur site. Danone a fait savoir à Oxfam que le groupe ne souhaitait pas répondre et entendait pour sa part se focaliser sur d’autres critères que ceux retenus par Oxfam, principalement des engagements, préférant être jugé sur des réalisations concrètes.

Danone demande à être jugé sur des réalisations concrètes

La firme française n’a pas souhaité réagir officiellement à l’étude faite par Oxfam, nous faisant valoir qu’elle ne saurait répondre à toutes les études faites sur ces sujets, chacune étant basée sur des indicateurs différents. Danone indique qu’elle collabore régulièrement avec l’ONG et lui communique les engagements qu’elle a pris, comme l’atteste la bonne note que lui a attribuée Oxfam en termes de transparence. Danone se dit prêt à collaborer encore plus avant avec l’organisation à condition que celle-ci lui apporte une réelle expertise qui lui permette d’aller plus avant dans l’accomplissement de ses engagements. La multinationale française regrette que l’étude d’Oxfam note les entreprises davantage sur les engagements annoncés que sur les pratiques effectivement mises en œuvre. Sur ce dernier point, Danone se dit fière de ses réalisations en matière de réduction de gaz à effet de serre, de fin de vie des produits grâce au recyclage ou des engagements pour lutter contre la déforestation. Oxfam de son côté n’a guère apprécié ce silence, y voyant « une remarquable indifférence aux problèmes de la faim et de la pauvreté en ne répondant pas aux critiques formulées dans l’échec des politiques sociales et environnementales du groupe. « Avec des scores très bas sur les chapitres des femmes, de la préservation des terres et des relations aux agriculteurs, Danone a encore un long chemin à parcourir », dit Oxfam.

Nestlé reconnait que des efforts sont encore nécessaires

La multinationale suisse se félicite tout d’abord d’avoir été placée comme le meilleur élève dans l’étude d’Oxfam mais reconnaît « pour améliorer la sécurité alimentaire dans le monde, toutes les parties prenantes doivent encore fournir beaucoup plus d’efforts ». Nestlé rappelle qu’ elle œuvre pour la sécurité alimentaire via son Programme de développement rural visant à améliorer les conditions de vie des petits agriculteurs, travaillant en partenariat avec 690 000 fermiers, « ce qui la met dans une position unique pour avoir un impact réellement positif dans ce domaine ». La firme de Vevey tient également, dans son communiqué, à rappeler ses engagements en faveur de la protection de l’eau, « une de ses priorités ». De même, elle souligne qu’elle a été la première société agroindustrielle à s’engager pour les conditions de travail des enfants dans la chaîne du cacao en partenariat avec la FLA (Fair Labour Association). Nestlé se dit prêt à travailler en collaboration avec Oxfam pour faire encore davantage de progrès vers un système de production alimentaire équitable et responsable.

Pour Unilever, il faut élargir le débat

Dans un communiqué, Unilever qui réalise près de la moitié de ses ventes dans l’alimentaire (24,7 milliards € sur 51,3 en 2012), tient à rappeler que le groupe travaille depuis des années en étroite collaboration avec Oxfam, notamment dans le cadre de la campagne GROW et regrette que celle-ci ait limité son étude aux seules grandes industries agroalimentaires. « Les changements de comportements auxquels aspire Oxfam nécessitent des partenariats impliquant toute la chaîne alimentaire, les producteurs agricoles, les premiers transformateurs, les négociants, les distributeurs, la société civile et les gouvernements », juge la multinationale anglo-hollandaise. « Bien que les compagnies agroalimentaires produisant des marques mondialement connues soient à l’initiative de programmes innovants sur l’ensemble des problématiques évoquées, elles ne sont qu’une partie de la solution ». Unilever estime que le rapport d’Oxfam a manqué une occasion de faire un bilan de l’ensemble des programmes consacrés à la nutrition actuellement en cours, notamment en collaboration avec les Nations Unies. Pour sa part, Unilever affirme « vouloir continuer à travailler sur la transparence et la traçabilité de ses sources d’approvisionnement, en accord avec ses fournisseurs, et cherchera à nouer des partenariats avec toutes les parties prenantes pertinentes pour atteindre les objectifs de son Plan de développement durable et apporter une réponse à quelques-uns des problèmes soulevés dans le rapport ».

Des réponses « insipides » pour les autres

Les autres sociétés mises en cause ont transmis à Oxfam leurs commentaires sans les faire connaître du grand public. L’organisation les a remerciées en qualifiant ces réponses « d’insipides et pleines de suffisance ». Elle prend acte de leurs engagements réaffirmés pour améliorer leurs comportements, mais rappelle leurs scores peu flatteurs et le chemin qu’il leur reste à parcourir.

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