Christiane Lambert (FNSEA) : « pouvoir renégocier avec la GMS »
Les résultats des comptes de l’agriculture, qui confirment ceux annoncés en décembre dernier, sont la conséquence directe de la volatilité des prix, affirme en substance Christiane Lambert : « C’est ce qui explique que nous avons bataillé pour une revalorisation du prix du lait de 25 euros les 1 000 litres ». Mais, affirme la vice-présidente de la FNSEA, il n’y aura de solution que si on résout la question de la renégociation des conditions tarifaires en cas de forte volatilité des prix. » D’où la demande de la FNSEA d’une telle possibilité dans le cadre de la loi consommation de Benoît Hamon. « Mais on se heurte à la GMS », regrette Christiane Lambert.
L’APCA souligne le rôle des exportations agricoles
Analysant les résultats provisoires des revenus agricoles, l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture) observe que la « hausse du prix des céréales sur les marchés mondiaux a eu des effets bénéfiques pour les producteurs de céréales dont les revenus augmentent nettement en 2012 ». Un phénomène que « les éleveurs de bovins et d’ovins n’ont pas pu répercuter dans les prix de leurs propres productions et leurs revenus ont été lourdement affectés. » Néanmoins, en 2012, « les exportations agricoles restent tirées par les céréales très présentes sur les marchés mondiaux en raison de la baisse de l’offre américaine et par les vins toujours en progression ». « L’excédent structurel du commerce agroalimentaire est d’autant plus remarquable eu égard aux problèmes de commerce extérieur de la France », conclut l’APCA.
L’optimisme sonne faux aux oreilles de la Coordination rurale
Pour la Coordination rurale, l’optimisme affiché par le ministère de l’Agriculture suite à la publication des comptes provisoires de l’agriculture 2012 « sonne faux ». Malgré le bon revenu céréalier 2012, « l’instabilité rend son avenir très incertain », avec notamment la hausse du prix des intrants, la diminution des aides de la PAC et de nouvelles cotisations volontaires obligatoires. Les éleveurs sont « étranglés par leurs coûts alimentaires », et les résultats des producteurs de fruits et légumes sont « à relativiser au vu de l’année 2011 catastrophique, mais aussi du capital et du travail engagés », estime le syndicat. La Coordination rurale regrette « des solutions inadaptées » aux problèmes des agriculteurs, comme l’assurance revenu confirmée dans la nouvelle PAC, « ce qui ne présage rien de bon en matière de régulation effective des productions et des marchés ». Elle attend des décideurs politiques une « réaction » et du « courage » pour réguler l’agriculture européenne.
Sauver l’élevage doit être la priorité, selon la Confédération paysanne
Les disparités de revenus s’accroissent, constate la Confédération paysanne, suite à la publication des comptes provisoires de l’agriculture 2012. « Sauver l’élevage, qui se porte de plus en plus mal malgré la baisse constante du nombre d’éleveurs, ne peut plus être une simple priorité des discours politiques. Elle doit l’être dans les actes. Aujourd’hui, le ministre de l’Agriculture a un levier majeur entre les mains : la Politique agricole commune de demain va se décider dans ses bureaux. Il a les moyens et le pouvoir de redistribuer les aides ! On ne peut plus laisser des paysans abandonner leurs fermes les uns après les autres. Aucun prétexte de croissance, de concurrence ou autre ne doit venir justifier la disparition des uns au profit des autres », commente le syndicat.
Le Modef demande de garantir des prix rémunérateur
« La baisse des prix du lait 2012 et la stagnation du prix de la viande à la production ont mis en très grandes difficultés les éleveurs au point que nombre d’entre eux ont mis la clé sous la porte ou se reconvertissent dans les grandes cultures », analyse le Modef suite à la publication des comptes provisoires de l’agriculture 2012. « Dans ces secteurs en difficulté, les petites et moyennes exploitations voient leur avenir bouché par un système qui privilégie l’agrandissement et les productions de masse. Derrière ces exploitations, il y a des femmes et des hommes qui souffrent, des jeunes qui hésitent à s’installer faute de pouvoir dégager un revenu suffisant, des territoires qui se vident de leurs principaux acteurs économiques ». Le syndicat regrette qu’au niveau politique, « aucun changement notoire ne soit envisagé pour garantir des prix rémunérateurs, réguler le marché et assurer la préférence communautaire sur les produits agricoles et alimentaires ».
Grandes cultures : un revenu en trompe l’œil, selon l’AGPB et l’AGPM
Si le revenu 2012 des exploitations de grandes cultures reflétait la flambée des prix des grains, « cette hausse est totalement effacée (-25 % depuis novembre pour le blé, -28 % pour le maïs) », soulignent dans un communiqué commun l’AGPB et l’AGPM. « Le revenu en céréales et oléo-protéagineux pour 2013 sera beaucoup plus proche de la moyenne toutes exploitations », considèrent les associations de producteurs de blé et de maïs. Dans ce contexte, « une ample redistribution nationale des crédits de la Pac au détriment (du secteur céréalier) ne saurait être une solution pertinente, en économie agricole ouverte, pour traiter les problèmes structurels que connaissent d’autres secteurs », déclarent-elles.
Les revenu des éleveurs en bas de l’échelle
« Avec 17 000 euros par an en 2012, le revenu bovins-viande est à moins de la moitié du revenu agricole qui s’établit à 38 300 euros », lit-on dans un communiqué de la Fédération nationale bovine (FNB) du 4 juillet. La FNB est inquiète, d’autant plus que la situation perdure depuis plusieurs années. Et pour 2013, « rien ne permet de supposer à ce stade une réelle amélioration ». De fait, les cours des bovins maigres sont inférieurs à 2012 sur les six premiers mois de l’année, alors que l’Ipampa (indice prix d’achats des moyens de production agricole), lui, progresse de 4%.
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