FNSEA : « confiance renouvelée et confortée »
Ce test de représentativité syndical est pour la FNSEA un « très bon résultat », affirmait Jean-Michel Lemétayer, président du syndicat, le 5 février au soir. Cette « belle victoire » le confortait dans sa mission à la tête de la grande maison jusqu’en 2008. « Beaucoup d’hommes politiques vont rêver de faire un même score sur un seul tour à la prochaine élection présidentielle » plaisantait le leader de la FNSEA qui entendait faire connaître « les orientations que nous avons défendues » dans le débat politique à venir. « Ségolène Royal ne fera pas sans la FNSEA », affirme le leader de la FNSEA. « J’espère qu’elle va écouter la majorité des paysans français », avance-t-il. Selon Jean-Michel Lemétayer, cette victoire syndicale de la FNSEA était prévisible à partir du moment où la campagne s’est engagée. Commentant la « débâcle » de la Confédération paysanne, Jean-Michel Lemétayer expliquait que « cela ne pouvait être autrement». La faute à José Bové et « ses combats contre les paysans ».
Coordination rurale : une joie contenue
C’est une joie contenue qui transparaissait du côté de la Coordination rurale le 5 février au soir. Fière de son score nationale qui l’a placée pendant quelques heures au second niveau derrière son ennemie de toujours, à savoir la FNSEA, elle ne cachait pas sa déception de n’avoir pas conquis de nouvelles chambres d’agriculture notamment dans le Gers et en Charente. Les deux chambres acquises en 2001 (Lot-et-Garonne et Calvados) restaient aux mains de la CR. Mais, la FNSEA est toujours majoritaire. « Il nous restera une étape à franchir pour être numéro 1», affirmait François Lucas, président de la CR, le 5 février, lors de la soirée électorale du ministère de l’agriculture. « Les agriculteurs qui nous ont rejoints rejettent le fatalisme et ont une vision de l’agriculture sur 20 ou 30 ans et non sur 2 ou 3 ans comme la Commission européenne », s’est félicité le président de la Coordination rurale.
Confédération paysanne : « C’est un vrai revers »
« C’est un vrai revers », admet Régis Hochart, porte-parole de la Confédération paysanne à propos du score de son syndicat, qui vient de perdre sa dernière chambre d’agriculture métropolitaine en Loire-Atlantique. « Les paysans ont été endormis par les discours de la FNSEA. Nous avons construit une alternative crédible pour tous les paysans mais nous avons manqué de temps pour l’expliquer de manière audible », estime-t-il. « Je suis aujourd’hui très préoccupé par l’avenir de l’agriculture et du monde paysan. Les problèmes vont s’accentuer. Le monde paysan est parti pour quelques années de douleur », prédit Régis Hochart. Selon lui, « les enjeux essentiels de l’agriculture ne sont pas apparus dans la campagne électorale».
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« Même si la pilule n’est pas facile à avaler, nous allons réagir et rester présents. Nous allons rester une force de proposition mais aussi de contestation », a déclaré, le 6 février lors d’une conférence de presse, Régis Hochart. Quant à un rassemblement futur des forces syndicales agricoles de gauche, Régis Hochart estime qu’il est « peut-être trop tôt ». Il ajoute cependant : « Nous n’allons pas regarder mourir le Modef».
Dominique Bussereau : des enseignements pour l’élection présidentielle
« Les résultats confirment ce que prévoyait le syndicalisme majoritaire : une hausse du score de la Coordination rurale et une baisse de la Confédération paysanne », observe Dominique Bussereau, ministre de l’Agriculture, commentant des résultats partiels lors de la soirée électorale organisée au ministère de l’Agriculture. « Personne ne pensait cependant qu’il y aurait un tel transfert de voix entre le syndicalisme de gauche et le syndicalisme contestataire de droite » estime-t-il. « Cela semble confirmer ce qu’indiquent les instituts de sondage actuellement par rapport au vote rural et au vote agricole, où Nicolas Sarkozy arriverait en tête dans les deux secteurs devant Ségolène Royal», ajoute le ministre de l’Agriculture. « La Confédération paysanne perd jusqu’à 10 points en Charente, dans le département de Ségolène Royal », a souligné Dominique Bussereau. « Si quelqu’un cherchait une percée à gauche, il est encore en train de courir après », a ajouté le ministre de l’Agriculture, précisant qu’il visait par ses propos la candidate du Parti socialiste à l’élection présidentielle.
APCA : « une reconnaissance du rôle des chambres d’agriculture »
« Le monde agricole dans son ensemble a fait preuve d’un civisme exemplaire, qu’il est nécessaire de souligner. Le taux de participation global (exploitants, salariés, retraités, propriétaires, groupements) progresse ainsi de façon très significative et se situe à près des 50 % des 3 millions d’électeurs potentiels. Pour le seul collège des exploitants agricoles, la mobilisation atteint 66 % », souligne l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture) dans un communiqué du 6 février suite aux élections professionnelles agricoles. « C’est aussi une véritable reconnaissance du rôle des chambres d’agriculture, au sein du monde agricole et vis-à-vis des pouvoirs publics nationaux et locaux », se satisfait l’APCA. « Les organisations majoritaires ont été reconduites et confortées : cela permettra aux équipes élues de disposer d’un mandat sans ambiguïté, pour assurer demain la continuité de leurs choix économiques, stratégiques et sociétaux », a déclaré Luc Guyau, président de l’APCA.