Jacques Lemaître (FNP) : “nous sommes trop dans une compétition franco-française”
Pour Jacques Lemaître, président de la Fédération nationale porcine, “il faut redonner de la compétitivité à notre filière, car malgré les bons résultats dans nos élevages, nous ne parvenons pas à valoriser correctement notre viande”. Il approuve l’analyse selon laquelle les groupements de producteurs seraient trop nombreux. Selon lui, “nous sommes dans une concurrence trop franco-française. Pour peser sur le marché européen, il faut représenter un certain poids”. Concernant les critiques à l’égard de la profession , évoquant son “arrogance” vis à vis des protecteurs de l’environnement, Jacques Lemaître estime injuste de faire porter la responsabilité aux seuls producteurs. Selon lui “cela s’est fait en totale complicité avec les banques et les autorités. Tout le monde s’en est bien satisfait et personne n’est venu critiquer les emplois”.
Guillaume Roué (Inaporc) : “la France porcine souffre plus de compétitivité que de compétence”
Guillaume Roué, président de l’interprofession Inaporc, tient à “replacer ce rapport dans le contexte social, sociétal et environnemental français qui nous enlève une grande part de compétitivité sur le marché européen et à l’exportation”. Concernant la nécessaire concentration des groupements de producteur, il estime que la profession est “prête à travailler à condition d’être appuyée par une enveloppe budgétaire”. Lui même président d’un important groupement de producteurs, il assure avoir “des projets dans ce sens”.
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La Confédération paysanne dénonce un plan de restructuration
La Confédération paysanne, qui n’était pas invitée à la présentation du rapport Porry, est outrée par son contenu. Selon René Louail, en charge du dossier porc, “l’agroalimentaire est en train de prendre en main la restructuration de la filière” il se demande, en référence au plan mis en place pour la filière avicole, “comment une région comme la Bretagne va affronter deux plans de restructuration en moins d’un an”. L’ancien porte parole de la Confédération paysanne estime que “la Bretagne risque de subir la même chose que ce qu’ont connu des régions comme le Nord-Pas de Calais et la Lorraine avec le textile et la sidérurgie”.
La Coordination rurale dénonce un risque d’intégration des producteurs
Selon François Lucas, président de la Coordination rurale, “la concentration des groupements de producteurs va être un facteur d’intégration des producteurs”. Il est davantage favorable à une segmentation du marché vers des signes de qualité “impossible quand il n’existe qu’un seul groupement”. François Lucas aurait préféré qu’on propose une maîtrise de la production à l’échelon européen, seul moyen à ses yeux d’échapper à “la fuite en avant de la course à la productivité”. Quant à l’organisation de la profession autour d’Inaporc, il estime que “ce serait une bonne idée si elle était représentative de la profession. Or, elle ne l’est pas”. La Coordination rurale, comme la Confédération paysanne, ne font pas partie d’Inaporc.