FNSEA : « On n’y encourage pas une plus grande professionnalisation du métier » regrette Xavier Beulin
« Le contenu est maigre », lançait le président de la FNSEA, Xavier Beulin, réagissant à la présentation du projet de loi d’avenir agricole présenté en CSO (Conseil supérieur d’orientation agricole) le 17 septembre par Stéphane Le Foll. Un projet qui, selon lui, « manque de souffle et d’ambition ». « On n’y encourage pas une plus grande professionnalisation du métier ». « Il y a un décalage entre les aspirations qu’on partage pour l’agriculture et ce qui est proposé dans ce projet », dit-il. Concernant le statut des agriculteurs, « peut être faudrait il commencer par le définir. Le projet passe à côté de l’essentiel », insiste-t-il en faisant de cette question du statut un élément fort sur lequel sa fédération voudrait faire évoluer le projet. De même sur la question de l’agriculture sociétaire et de son avenir. Par ailleurs, « on n’a rien vu ni entendu sur le couple recherche/innovation alors que certaines solutions ne pourront venir que de la recherche, quand on parle d’avenir ». « La question aujourd’hui est de savoir si ce projet de loi est de nature à infléchir la courbe déclinante sur laquelle se trouve l’agriculture française, alors qu’on a perdu trois places sur le podium en une quinzaine d’années. » « On nous annonce une loi au 30 octobre devant le conseil des ministres mais on est déjà mi-septembre et on nous propose un texte sur lequel on a encore beaucoup à dire », remarque le président de la FNSEA.
Loi d’avenir : la Confédération paysanne veut de l’ambition
Pour la Confédération paysanne, la loi d’avenir « pourrait poser les jalons d’une vision de l’agriculture enfin tournée vers l’emploi, l’alimentation, la vie des territoires et l’environnement », encore faut-il lui en donner les moyens, explique-t-elle. Car, pour l’instant, « les manques sont plus visibles que les réels progrès », regrette le syndicat. Laurent Pinatel, porte-parole, estime « intéressante » la volonté de « renforcer le contrôle des structures », et demande que ce contrôle soit « digne de ce nom » pour empêcher les projets « d’agriculture industrielle, comme la ferme des 1000 vaches dans la Somme ». Les GIEE « vont dans un sens intéressant, mais il ne doivent pas être une coquille vide et doivent vraiment réorienter les pratiques agricoles ». La Confédération paysanne demande de mettre l’accent sur la « formation et la recherche », et, ajoute Laurent Pinatel, « de former les jeunes à l’agroécologie et pas à l’agriculture intensive » ; de « donner un véritable statut à tous » les paysans, et de « se donner les moyens de maintenir des paysans sur l’ensemble du territoire, pour avoir une économie relocalisée, porteuse d’emplois et de vitalité des communes rurales ». Car il manque aussi beaucoup de choses dans la loi, pour Laurent Pinatel, qui aurait aimé qu’elle évoque « les outils économiques » comme les abattoirs ou encore les circuits courts. « Il y a des idées, de l’ambition, mais il faut aller au bout », termine Laurent Pinatel.
La réaction mitigée de la Coordination rurale
François Lucas, vice-président de la Coordination rurale, « a du mal à faire le bilan entre ce qu’il y a de positif et de négatif » dans la loi d’avenir agricole. Il se félicite de l’ouverture des interprofessions aux syndicats minoritaires, tout en se demandant si le texte passera les barrages du Conseil d’Etat et de la Commission européenne. Il voit d’un bon œil la création des groupements d’intérêts économiques et écologiques (GIEE) afin de « créer des dynamiques de groupes » dans la recherche agronomique « dans la réalité du terrain », mais désapprouve le fait qu’on leur confie d’autres rôles. Il approuve également l’encadrement des coopératives, tout en le trouvant trop timide. Il « voit d’un bon œil » le volet concernant l’installation, mais « déplore que l’observatoire national de l’installation soit confié à l’assemblée plénière des Chambres d’agriculture ».
Sur l’assujettissement aux cotisations sociales pour les cotisants solidaires, la « bonne idée » a été poussée trop loin, selon François Lucas, en faisant totalement disparaître le statut de cotisant solidaire, qui était favorable à certains, et aurait préféré qu’on laisse le choix aux agriculteurs. « On aurait aimé une grande simplification du code rural », conclut le syndicaliste.
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