Abonné
– En Italie, les propositions de la Commission « apparaissent globalement insatisfaisantes » aux yeux du ministre de l’agriculture. Saverio Romano estime que « les nouvelles mesures, en commençant par les obligations de protection de l’environnement’ comportent de nouvelles dépenses pour les entreprises et un gros fardeau bureaucratique sans apporter de réels bénéfices ».
– En Pologne, le ministre de l’agriculture considère que le rééquilibrage proposé des paiements directs « dans un cycle long de 14 années est une légère plaisanterie ». Selon Marek Sawicki, « ce paquet législatif n’est pas une réforme, c’est une tentative d’apporter des changements cosmétiques et de maintenir le statu quo pour ce qui est de la répartition de fonds européens ».
– En Allemagne, le président de la fédération des agriculteurs (DBV), Gerd Sonnleitner, par ailleurs président du Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE), juge que les objectifs de la Commission en matière de verdissement de la Pac « ne sont pas atteignables » et vont « affaiblir » le secteur.
– En tant que président du Copa, M. Sonnleitner a fait part, à Bruxelles, des inquiétudes des professionnels de l’UE face à un projet de réforme qui « ajoute des contraintes environnementales supplémentaires aux agriculteurs ». Selon lui, ceux-ci « doivent pouvoir choisir les mesures qui sont les plus appropriées pour leur exploitation ».
– L’organisation agricole Coordination européenne Via Campesina déplore que « les objectifs de meilleure légitimité sociale/environnementale des paiements directs ne se retrouvent pas dans les propositions concrètes » de la Commission.
– Réunis au sein du Ceja, les jeunes agriculteurs constatent avec satisfaction que « le renouvellement des générations est maintenant considéré comme une priorité ». Ils appellent le Parlement européen et les Vingt-sept à « appuyer et renforcer la position adoptée par la Commission.
– Au Parlement européen, co-législateur avec le Conseil des Vingt-sept, le président de la commission de l’agriculture, le socialiste italien (S&D) Paolo De Castro, avertit que « la durabilité environnementale ne peut pas exister sans avoir assuré au préalable la durabilité économique des exploitations ».
Le Français José Bové, du groupe des Verts, vice-président de cette commission, qualifie le propositions de réforme de « capitulation en rase campagne ». Il dénonce aussi une « alliance » contre le verdissement de la Pac entre M. De Castro et les organisations professionnelles de l’UE réunies au sein du Copa-Cogeca. Une situation qui, selon lui, « génère un climat délétère » au sein de la commission parlementaire.
Rapporteur parlementaire pour les règlements sur les régimes d’aides directes et le développement rural, le socialiste portugais Luis Manuel Capoulas Santos (S&D) juge que la proposition de la Commission « est bonne, de loin, mais loin d’être bonne », car « il y a trop de bureaucratie, moins d’argent et pas assez de justice ».
Rapporteur pour le règlement sur l’organisation commune des marchés, le démocrate-chrétien français Michel Dantin (PPE) constate que, « si le volet gestion des crises semble partir sur des bases intéressantes, bien que les outils proposés manquent encore de réactivité, le volet prévention, c’est-à-dire la régulation par une certaine gestion des marchés et des productions, semble quant à lui oublié » dans le projet de la Commission de Bruxelles.
Le socialiste français Stéphane Le Foll regrette lui aussi que la Commission n’ait pas présenté de propositions sur la régulation des marchés agricoles, pour faire face à la très forte volatilité des prix, à l’origine de plusieurs crises récentes. Selon lui, les systèmes d’assurance proposés par la Commission n’y suffiront pas.
– Le président du Comité économique et social européen, Staffan Nilsson, agriculteur suédois, « croit que les fonds de la Pac devraient être utilisés dans le futur pour maintenir et développer partout une agriculture multifinctionnelle orientée vers des objectifs de durabilité ».
– Dans le secteur du sucre, la Confédération internationale des betteraviers européens se déclare « outragée » par la proposition de suppression des quotas en 2015.
Les fabricants, réunis au sein du CEFS, font part de leur « profonde inquiétude » et de leur « surprise » puisqu’il semblait entendu que la Commission suggère de prolonger le régime des quotas jusqu’en 2016.
Quant aux raffineurs de sucre européens, ils regrettent, par la voix du président de leur association, Joao Pereira, que le projet de réforme soit « silencieux sur la façon d’établir des accords équitables pour (leur) approvisionnement en matière première ».
Dans le secteur viticole, la Fédération européenne des vins d’origine (EFOW) déplore que, « en actant la disparition des droits de plantation à partir du 1er janvier 2016 », la Commission « reste sourde, en dépit de la position forte prise par 12 Etats membres et le Parlement européen contre la libéralisation de ce régime ».
A l’inverse, le Comité européen des entreprises vins (CEEV) se félicite de la « volonté de la Commission de ne pas remettre en cause les équilibres du secteur ».
– La Fefac, Fédération européenne des aliments composés pour animaux, considère que « la nouvelle Pac devrait stimuler la productivité de l’agriculture » et, pour cela, « stimuler la recherche et l’innovation ».
– Réunis au sein de la CEETTAR, les entrepreneurs de travaux agricoles de l’UE regrettent que les propositions sur le développement rural ne tiennent pas compte de leur contribition à la modernisation de l’agriculture.
– Freshfel, l’association européenne des fruits et légumes frais, considère comme une « amélioration bienvenue » les modifications « significatives » proposées pour le régime communautaire de distribution de fruits dans les écoles.
– Selon le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, « la Pac est une contradiction de 50 milliards d’euros par rapport à l’engagement de l’Union Européenne d’aider l’agriculture du monde en développement à se remettre d’aplomb, et elle le restera avec les plans de réforme » présentés à Bruxelles.
– Parmi les ONG, les Amis de la terre Europe jugent que la réforme proposée ne sera vraisemblablement pas suffisante pour « protéger l’environnement et la majorité des agriculteurs », ni pour « restreindre le contrôle exercé par les entreprises sur la chaîne alimentaire ».
Greenpeace juge de même que le projet de la Commission « sera incapable de répondre aux défis environnementaux auxquels est confrontée la production alimentaire et pourrait gaspiller les milliards payés par les contribuables ».
Le WWF estime que, « après les nombreuses promesses de la Commission, les lobbies agricoles et les éléments les moins progressistes de la Commission, du Parlement européen et du Conseil ont réussi à effacer les progrès initiaux, aboutissant à une proposition très faible ».
L’Eurogroupe pour les animaux est « extrêmement déçu que la Commission ait manqué l’occasion de s’attaquer aux problèmes de protection animale soulevés par les systèmes intensifs de production agricole ».
– Le « verdissement » des paiements directs de la Pac pourrait réduire la capacité de production de l’UE en augmentant le coût des intrants agricoles de 5 milliards d’euros, soit quelque 2%, selon une étude d’Alan Matthews, professeur émérite au Trinity College de Dublin, publiée par le Centre for Trade and Sustainable Development (Genève).
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Suivi
Suivre
Suivi
Suivre