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Les réactions plus diverses que jamais

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Xavier Beulin (FNSEA) : « François Hollande a la volonté d’avoir une agriculture compétitive »
Selon Xavier Beulin, François Hollande a montré « la volonté d'avoir une agriculture compétitive et qui respecte la diversité des territoires ». Il a clairement affirmé, selon le président de la FNSEA, vouloir « conforter l'élevage, en mettant en place des mécanismes apportant des réponses durables pour permettre aux exploitants de rester performants et efficaces. » Parmi les mesures évoquées, Xavier Beulin note le renforcement de l'ICHN (indemnité compensatrice de handicaps naturels) et de la PHAE (Prime herbagère) dès 2014. Autre aspect relevé, un plan de modernisation et d'investissement dans les bâtiments. Concernant la Pac, Xavier Beulin note surtout la possibilité de recouper les aides au taux maximum et ceci pour l'ensemble des ruminants, la convergence à 70 % seulement des aides et la progressivité appliquée au paiement redistributif, atteignant seulement 20 % en 2018 et non
30 % comme prévu initialement.

« Un arbitrage moins déséquilibrant que la proposition du ministre », selon Guy Vasseur
A la suite des annonces faites le 2 octobre par François Hollande au Sommet de l’élevage, le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) a reconnu « un certain nombre d’éléments positifs par rapport à ce que souhaitaient les éleveurs ». En premier lieu, selon lui, la revalorisation de l'indemnité compensatoire des handicaps naturels (ICHN) à hauteur de 15 % est une « bonne mesure ». Tout comme le fait que la prime herbagère agroenvironnementale (PHAE) soit simplifiée et fusionnée avec l'ICHN. Le plan pour la compétitivité et l'adaptation des exploitations doté d’un fonds à 200 millions d’euros est l’un des autres points positifs annoncés, a estimé Guy Vasseur. À l’égard des productions, autres que l’élevage, « l’arbitrage est moins déséquilibrant que la proposition du ministre ». Des questions restent par ailleurs sans réponse, selon lui : la non-transparence aux EARL reste « un problème majeur », et quid des zones intermédiaires ? Le paiement redistributif risque de les fragiliser, a-t-il ajouté. « Il est nécessaire désormais de réaliser nos propres analyses ».

« Un compromis acceptable » pour les Jeunes agriculteurs
« C’est un compromis acceptable avec la nouveauté de la surdotation », a déclaré François Thabuis, président des Jeunes agriculteurs, à la fin du discours de François Hollande, président de la République, au Sommet de l’élevage à Clermont-Ferrand, le 2 octobre. La mesure de surdotation aux premiers hectares et les annonces du président satisfont les JA car elles engagent un virage net pour le soutien des éleveurs. Même satisfaction concernant l’aide à la modernisation des bâtiments dont l’enveloppe doit être doublée. « C’est essentiel pour l’avenir des jeunes agriculteurs, en particulier pour ceux qui s’installent», explique François Thabuis. Seule ombre au tableau : la définition des actifs agricoles qui excluent les associés d’EARL de la dotation des premiers hectares. « C’est une petite déception», affirme-t-il.

La Confédération paysanne, déçue par des annonces « a minima »
« Il n’a voulu froisser personne », lâche un éleveur de la Confédération paysanne (CP) d’Auvergne après le discours de François Hollande, président de la République, au Sommet de l’élevage à Clermont-Ferrand, le 2 octobre. Les annonces faites sont loin de convaincre le syndicat minoritaire qui les considère « a minima ». Si la CP est satisfaite par l’abandon des références historiques, elle regrette fortement « l’absence de plafonnement » sur l’attribution des aides. En outre, le verdissement soutiendrait « les éleveurs intensifs ». Autre point d’inquiétudes : la prime aux ovins. La CP craint « qu’il n’y ait pas grand-chose ». Selon un communiqué, « loin des promesses d’une PAC pour l’emploi et l’élevage, les avantages acquis de certains sont conservés, cachés sous des demi-mesures qui ne servent que d’alibi “de gauche” à une politique de lobbyistes», estime la Confédération.

Pour la Coordination rurale, la PAC est « devenue moribonde »
Pour la Coordination rurale, le choix français sur l’application de la PAC n’est « qu'une option politique de circonstance sans vision stratégique ». Le syndicat demande toujours une PAC qui permette une « organisation des productions agricoles visant l'équilibre et la stabilité des marchés » et une « cohérence entre prix de vente et coûts de production ». La CR estime que « le soutien aux 52 premiers hectares relève d'une grande naïveté », puisque « la seule superficie des exploitations n'est plus depuis longtemps un critère pertinent de constitution du revenu des agriculteurs dès lors qu’on la rapproche soit de la situation géographique des exploitations, soit des productions ».

Le Modef dénonce un manque de courage politique
Pour le Modef, François Hollande « manque de courage politique » sur la PAC. « Sur le niveau de la convergence nationale des aides et le paiement redistributif sur les 52 premiers hectares, le compte n’y est pas », selon le syndicat, pour qui le président « laisse les exploitants familiaux au milieu du gué ». « 1 milliard d’euros ne seront pas redistribués aux petits et moyens exploitants à bas revenus et aux zones à faibles niveaux de DPU/ha », regrette le Modef.

Pour la FNB, les arbitrages de la Pac « préservent l’élevage bovin viandes »
« Les choix définis par les pouvoirs publics préservent des outils indispensables aux yeux des éleveurs », selon un communiqué de la Fédération nationale bovine (FNB), le 3 octobre. Il s’agit notamment du maintien de l’enveloppe pour le soutien à la vache allaitante à 690 millions d’euros, de l’enveloppe de crédits pour l’engraissement dans « l’objectif fondamental d’un lien à une contractualisation avec sécurisation de marge», de la forte revalorisation de l’enveloppe de modernisation des bâtiments et de la confirmation de l’aide aux veaux sous la mère et d’Aveyron. Par ailleurs, les éleveurs de la FNB approuvent la décision de modérer le rythme de la convergence. Satisfaction aussi concernant la revalorisation de l’enveloppe destinée à la politique de handicaps sur l’ensemble des zones concernées. La FNB émet un bémol s’agissant des « modalités de mise en œuvre qui restent à éclaircir », mais aussi du manque de réponses sur « le sujet brûlant du renforcement de l’autonomie alimentaire des exploitations ».

La FNPL se réjouit des annonces d’Hollande sur la PAC
André Bonnard, trésorier de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), se réjouit des annonces de François Hollande concernant la PAC : « Tous les outils ont été activés dans le sens de l’élevage, le lait a bien été pris en compte », explique t-il, parlant d’un « optimum laitier. C’est un rééquilibrage sans déséquilibrage ». Seuls les polyculteurs-éleveurs restent perdant, selon la fédération, mais la FNPL espère jouer sur d’autres paramètres, notamment les 2% de couplage pour la culture de protéine végétale et les mesures agroenvironnementales, pour atténuer leurs pertes.

AGPB-AGPM : « Une pente dangereuse »
Les producteurs de blé et de maïs réunis au sein de l’AGPB et de l’AGPM ont jugé très sévèrement le plan décidé par le chef de l’Etat. « L’enveloppe des soutiens économiques, qui sont le fondement d’une politique agricole européenne homogène, sera fortement amputée en France au profit d’actions sectorielles aux effets improbables » affirment les céréaliers. « Avec cette option, insistent les deux syndicats, notre pays engage sa politique agricole sur une pente dangereuse. Au degré qui lui est d’ores et déjà imprimé, ce mouvement expose l’agriculture performante et les céréaliers français à de lourdes pertes de revenu et à des distorsions de concurrence insupportables avec leurs homologues européens, notamment allemands. De fait, selon les céréaliers « les options françaises sont synonymes d'un nouvel affaiblissement d’une filière céréalière largement exportatrice. » Et les deux présidents, Philippe Pinta et Christophe Terrain, de conclure que « les choix inappropriés qui viennent d’être annoncés créeront des difficultés aux grandes cultures sans résoudre au fond celles de l’élevage, à l’inverse de ce que l’on prétend. Face à ces choix contestables, nous poursuivons notre action. »

« La route de la compétitivité est encore longue » selon la Fop
Si la direction est bonne, affirme la Fop (Fédération des producteurs d’oléoprotéagineux) la route de la compétitivité est encore longue a-t-elle ajouté dans un communiqué du 3 octobre. La fédération note « une tonalité générale plutôt favorable au maintien de la compétitivité de l’agriculture et un engagement en faveur d’une politique économique régulée conciliant production, territoires, filières et emplois. » La fédération souligne aussi la volonté du chef de l’Etat « de permettre à l’agriculture française de conserver sa capacité à être présente sur tous les marchés et l’accent mis sur la qualité, les investissements et l’amélioration des instruments de gestion et de prévention des risques. » En revanche, elle s’affirme « toujours opposée à l’instauration du paiement redistributif dont les conséquences pourraient s’avérer dramatiques, en particulier dans les zones intermédiaires ». Ce sera à la loi de modernisation d’apporter des réponses adaptées à ces situations, estime la fédération qui se dit satisfaite de l’affirmation par François Hollande de la nécessité de réduire la dépendance en protéines de la France. Son président, Gérard Tubéry, affirme ne pas partager l’intégralité des propos du chef de l’Etat mais note « avec grand intérêt l’orientation politique qui met de plain pied l’économie des exploitations au centre des préoccupations nationales ». À noter que la Fop est adhérente d’Orama, la fédération des grandes cultures dont les deux autres membres, AGPB et AGPM, ont porté un jugement très critique sur les décisions de François Hollande.

Les agriculteurs d'Île de France en colère
C'est sur le réseau Twitter que les agriculteurs de la région Île-de-France ont exprimé leur mécontentement à la suite des annonces faites par François Hollande au Sommet de l'élevage. Selon Christophe Hillairet, président de la chambre d'agriculture interdépartementale d'Île-de-France, « les simulations de nos centres de gestion montrent en Île-de-France qu'il faudra du blé au-dessus de 225 euros pour dégager un résultat en 2018 ». Le membre de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA) s'est dit « très en colère ». Un mouvement soutenu par la député de l'UMP, Sophie Primas. Selon la parlementaire, les choix nationaux Pac faits par le président de la République, ce sont « 77 millions d'euros par an en moins pour la ferme Île-de-France». Soit, poursuit-elle, « l'affaiblissement d'un pan entier de l'agriculture et de l'agroalimentaire».

L’agro-écologie, oubliée du Sommet de l’élevage, selon les écologistes
« Ne perdons pas l’ambition agro-écologique en cours de route au nom de la sacro-sainte compétitivité », a insisté le groupe des écologistes à l’Assemblée nationale, en marge du Sommet de l’élevage, le 3 octobre. Les élus Europe écologie – Les Verts ont salué « les décisions du président de la République pour une meilleure redistribution des aides de la PAC en direction de l’élevage mais souhaitent rappeler la nécessité d’orienter l’agriculture vers un modèle économe et autonome ». Une direction que la majorité semble perdre de vue, expliquent-ils : « Nous nous opposons fermement à la décision du gouvernement de faciliter l’agrandissement des élevages porcins, tout comme à la ferme des 1000 vaches, archétype de la production industrielle », insistent les députés. Ils attendent par ailleurs « de voir les applications concrètes et plus de précision sur la mise en œuvre du 2e pilier. » Les élus ont néanmoins salué plusieurs des annonces récentes : « Le maintien des aides couplées pour l’élevage, la revalorisation de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels, le soutien à la production de protéines végétales,  la  convergence des aides progressive, et surtout la surdotation des 52 premiers hectares, (qui) vont dans le sens  d’une meilleure redistribution des aides de la Pac en faveur de l’emploi et de plus de justice.» Pour sa part, le député européen EE-LV José Bové estime que « le président de la République n’a même le courage d’aller au bout des rares ouvertures permises par la nouvelle Pac. Le plafonnement est enterré. Les plus grosses exploitations sont garanties que la réduction de leurs aides ne dépassera pas 30 % en 2019. L’aide aux premiers hectares qui pouvait être de 30% du budget du premier pilier est limité à 20 %. »

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