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Sucre/Prix Les réformes de 2006 n’ont pas eu d’impact sur le prix du sucre en bout de chaîne

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Les attentes suscitées par les réformes de 2006 du secteur sucrier européen ne semblent pas avoir été comblées en ce qui concerne la transmission des prix si l’on en croit les résultats d’une étude commanditée par la Commission européenne (1) et qui vient d’être rendue publique. Les auteurs de l’étude suggèrent que les prix du sucre dans l’UE n’ont pas évolué comme la Commission l’avait espéré en raison, d’une part, du « pouvoir commercial significatif » des producteurs de sucre européens et, d’autre part, du comportement des détaillants pour la fixation des prix. Les analyses reconnaissent implicitement la nécessité de prendre d’autres mesures politiques pour renforcer le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement du sucre afin d’améliorer la transmission des prix.

L’étude sur l’impact des réformes du secteur sucrier de l’UE sur la transmission des prix dans le secteur sucrier, commanditée par la Commission européenne, devait examiner trois questions fondamentales : dans quelle mesure les changements du prix institutionnel du sucre ont-ils engendré des modifications du prix de vente au détail du sucre ? Dans quelle mesure les réformes ont-elles « influencé le niveau de concurrence et la concentration dans l’industrie sucrière ? Et enfin dans quelle mesure les réformes ont-elles réduit l’écart entre les prix internes et internationaux ?
En proposant les réformes du secteur sucrier en 2006, les responsables de la Commission européenne s’attendaient à ce que celles-ci aboutissent à des « conditions plus favorables pour le fonctionnement de la transmission des prix », à un meilleur accès au marché pour les importations de sucre permettant une « meilleure intégration entre les marchés internes de l’UE et le marché international », ce qui aurait pour effet d’encourager une convergence des prix. Cependant, il était également prévu que les réformes débouchent sur une plus grande concentration de la propriété dans le secteur sucrier et à moins de concurrence, ce qui aurait pour effet « d’aggraver le fonctionnement de la transmission des prix » le long de la chaîne d’approvisionnement du sucre.
 
Des mesures politiques seraient-elles nécessaires ?
L’évaluation empirique de l’impact des réformes aboutit à des résultats beaucoup plus mitigés. D’abord, « la réduction en trois phases du prix à l’intervention du sucre ne s’est pas totalement traduite par une réduction des prix du sucre départ usine dans l’UE », les prix hors usine restant « bien supérieurs au prix d’intervention jusqu’à la fin de la campagne de commercialisation 2009/10 » et conservant « une marge importante par rapport au prix de référence à compter d’octobre 2009 ». Ensuite, « la réduction des prix minimums de la betterave sucrière introduite avec la réforme de 2006 ne s’est pas traduite par une réduction équivalente des prix de la betterave sucrière payés aux agriculteurs ». De leur côté, les prix de détail « semblaient ne pas être influencés par les événements politiques », le « pouvoir commercial des détaillants par rapport aux producteurs de sucre » signifiant que le comportement des détaillants pour la fixation des prix était indépendant de la dynamique du prix du sucre départ usine ». Conclusions tirées par les auteurs : les réformes de 2006 n’ont pas encore généré une transmission des prix efficace, en ce sens que les changements dans le prix institutionnel du sucre ne sont pas reflétés dans le prix au détail du sucre. Les réformes ont par ailleurs contribué à une « accélération du processus actuel de concentration de l’industrie sucrière », certains analystes allant même jusqu’à prédire que « les producteurs de sucre de l’UE pourraient une fois encore exercer un pouvoir commercial significatif ». Quant à lui, le processus de « convergence dans la transmission des prix entre les marchés sucriers internes de l’UE et le marché sucrier international ne s’est pas encore concrétisé ». Certains analystes n’hésitent pas à suggérer d’encourager les Etats membres à promouvoir des codes déontologiques à l’intention des détaillants, tandis que d’autres vont jusqu’à réclamer la poursuite des « inspections surprise » de plusieurs sucreries lancées par la Commission européenne en mai 2013, au motif que des « suspicions de violation des règles anti-trust » avaient été émises.
 
(1) Study on « price transmission in the sugar sector: Final report ». 

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