Alors que les deux parties doivent se retrouver sous peu près de Washington pour une nouvelle session de négociations, l'accord de libre-échange envisagé entre l'UE et les États-Unis a toutes les chances de se traduire par une remise en cause profonde du modèle agricole européen. Tel est l'avertissement que vont lancer de façon solennelle les régions viticoles européennes lors leur prochaine session plénière au Luxembourg. Selon leur association, l'Arev, un tel accord ne peut, notamment, qu'être nuisible au secteur vitivinicole, à moins que les Européens n'obtiennent de profondes inflexions de la position américaine.
LA 5e session de négociations entre l'UE et États-Unis pour la conclusion d'un Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, qui se tiendra à Arlington (Virginie), sera notamment consacrée aux questions réglementaires, aux mesures sanitaires et phytosanitaires, aux droits de propriété intellectuelle et à l'environnement (1).
C'est dans ce contexte que l'Assemblée des régions européennes viticoles (Arev) s'apprête à adopter, lors de sa 22e session plénière, le 9 mai à Remich (Grand-Duché de Luxembourg), une résolution dénonçant les conséquences d'un tel accord euro-américain sur l'évolution envisagée de l'agriculture européenne vers des modèles plus durables, mais aussi le fait que toute concession tarifaire dans ce cadre apporterait un bénéfice négligeable par rapport aux effets des fluctuations de la parité euro-dollar.
Des concessions américaines indispensables mais peu probablesAlors que, déjà, l'accord entre les deux parties sur le commerce du vin conclu par la Commission de Bruxelles en 2005 ne fonctionne pas, l'Arev rappellera aussi que les États-Unis ont quitté en 2001 l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) qui établit des normes auxquelles sont adossées celle de l'UE. Elle estime que, dans le cadre d'un éventuel partenariat transatlantique, Washington devra respecter les pratiques œnologiques reconnues par l'OIV pour leurs ventes de vins sur le marché européen.
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Selon les régions viticoles européennes, les Américains devront aussi renoncer, chez eux comme à l'exportation, à une série d'indications géographiques semi-génériques (chianti, champagne, etc.) et de mentions traditionnelles (château, clos, etc.) européennes. Des concessions peu probables de la part des États-Unis.
Si ce pays ne respecte pas les accords de l'OMC sur les droits de propriété intellectuelle liés au commerce (Trips) et ne réintègre pas l'OIV, les négociations de l'accord de libre-échange ne mèneront nulle part, soulignera la résolution de l'Arev.
(1) Voir n° 3440 du 24/03/14