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Biodiversité Les régles européennes pro-biodiversité efficaces quand elles sont appliquées

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Les oiseaux, espèces protégées et habitats restent menacés en Europe, notamment par l'agriculture, mais la mise en œuvre correcte des directives Habitats et Oiseaux peut améliorer la situation, conclut un rapport de la Commission européenne sur « l'état de conservation de la nature » dans l'UE.

Selon un rapport de la Commission européenne sur « l'état de conservation de la nature » dans l'UE, publié le 20 mai, plus de la moitié des espèces d'oiseaux sauvages (52%) sont considérées comme « hors de danger » et 23% des espèces (animales et végétales) protégées seraient dans une situation favorable. Environ 17 % des espèces d'oiseaux sont encore menacées tandis que 15 % sont « quasi menacées, en déclin ou décimées ». Particulièrement en danger : les espèces des champs comme l'alouette ou la barge à queue noire. Quant aux autres espèces protégées au titre de la directive Habitats, l'état de conservation de plus de la moitié d'entre elles (60%) est encore jugé défavorable (« de´favorable-insuffisant » pour 42 % des cas et « de´favorableme´diocre » pour 18 % des cas). L'état de ces espèces dans les prairies, les zones humides et les dunes est particulièrement préoccupant.

L'état de conservation des habitats serait moins satisfaisant avec seulement 16 % qui sont considérés comme favorables. Pour l'immense majorité des habitats, leur état est jugé défavorable (« de´favorable-insuffisant » dans 47 % des cas et « de´favorable-me´diocre » dans 30 % des cas). L'agriculture est la principale cause de dégradation des habitats du fait notamment de la modification des pratiques culturales, du surpâturage, de l'abandon des systèmes pastoraux et de l'utilisation d'engrais et de pesticides

Les bienfaits de Natura 2000

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Mais, souligne le rapport, certaines espèces et des habitats couverts par la législation montrent des signes encourageants. « Il y a des indications claires que le réseau Natura 2000 joue un rôle majeur dans la stabilisation des habitats et des espèces dont l'état est défavorable, en particulier là où les mesures de conservation nécessaires ont été mises en œuvre à une échelle suffisante », soulignent les auteurs. Par exemple, les programmes agro-environnementaux et de gestion des terres mis en œuvre avec succès en Espagne, au Portugal, en Autriche, en Hongrie et en Allemagne ont contribué au retour des populations de Grande Outarde – une espèce dépendante de paysages ouverts (prairies, steppes) et perturbée par les zones cultivées – qui sont en baisse ailleurs en Europe. Mais prévient le rapport, malgré des progrès dans l'établissement du réseau Natura 2000, ceux-ci sont insuffisants : seulement 50% des sites avaient été signalés comme ayant des plans de gestion complets fin 2012.

Le commissaire européen à l'environnement Karmenu Vella estime que si « le tableau d'ensemble est mitigé, il démontre clairement que les mesures visant à régénérer des écosystèmes fragiles peuvent donner d'excellents résultats ». Bruxelles est en train de réaliser un bilan de santé des directives Oiseaux et Habitats et vient de lancer une consultation publique sur la question (1). Réagissant à cette publication, les ONG Birdlife et les Amis de la Terre ont souligné qu'il était nécessaire que l'UE n'affaiblisse pas sa réglementation en la matière mais au contraire la renforce étant donné ses impacts positifs. Plus de 100 000 Européens ont déjà répondu à la consultation de la Commission pour lui demander de préserver le réseau Natura 2000.

(1) Voir n° 3497 du 18/05/2015