Au vu des prélèvements en parcelles opérés par l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), les rendements en pommes de terre hors fécule chuteraient de 14 à 15 % cette année en France. Les prix montent. Des producteurs ne peuvent honorer leurs contrats avec les industriels. Ceux-ci devront augmenter leurs prix au stade de la distribution, mais la concurrence des industriels belges et néerlandais est âpre.
Les rendements en pommes de terre pour l’alimentation, c’est-à-dire pour le marché du frais et celui de la transformation en frites, chips, purées, tomberaient de 14 à 15 % cette année en France. Soit une baisse de 11 à 12 % par rapport à la moyenne quinquennale, et cela malgré une progression des surfaces de 3,6 %, indique-t-on à l’UNPT. Les chiffres définitifs de la récolte de pommes de terre devraient être connus à la mi-novembre, mais ils ne devraient pas faire apparaître d’amélioration sensible parce que les arrachages ont été réalisés à 75 % et que les 25 % qui restent à arracher sont situés dans les régions où l’on irrigue le moins (Hauts-de-France, Normandie). La chaleur et la sécheresse, qui sont à l’origine de la faible récolte qui s’annonce, sévissent toujours. L’UNPT table sur une récolte inférieure à 5,7 millions de tonnes (Mt) pour cet ensemble « marché du frais + marché de l’industrie alimentaire », contre 6,20 Mt l’an dernier.
Les industriels doivent compléter en achetant sur le marché du frais
Le Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre (GIPT) parle de pénurie pour la pomme de terre industrielle et signale une situation de tension chez les industriels. En moyenne, les usines de transformation en frites, chips, purées contractualisent leurs approvisionnements à 75 % (dans l’industrie féculière le taux de contractualisation dépasse 85 %). Cependant, cette année, ce ne sont pas 25 % qu’elles doivent se procurer sur le marché libre, mais 37 % à 40 %, au prix de 270 € la tonne, au lieu des 110-120 € la tonne prévus dans les contrats, selon le GIPT. Elles doivent compléter en achetant, sur le marché du frais, des variétés qui correspondent le plus à celles qu’elles transforment habituellement.
Un accord interprofessionnel en France stipule qu’en cas de chute de récolte, le producteur est exonéré de son obligation d’honorer son contrat, pourvu qu’il ait prévenu à l’avance son acheteur transformateur par lettre avec accusé de réception. En général, dans la pratique, les commissions mixtes producteurs-industriels qui existent dans les usines acceptent ces cas de force majeure et n’obligent pas le producteur à racheter des pommes de terre sur le marché pour livrer à leur industriel.
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Risque de distorsions entre les industriels français et nord-européens
Or, les industriels implantés hors de France, principalement en Belgique et aux Pays-Bas, ne s’embarrassent pas de considérations interprofessionnelles. « Un contrat est un contrat », s’entendent dire les producteurs. Le GIPT veut anticiper un éventuel risque de distorsions entre les transformateurs français, qui s’astreignent à de bons rapports interprofessionnels, et les industriels de l’extérieur, qui peuvent, dès lors, venir concurrencer l’industrie française et la fragiliser encore davantage. Le groupement interprofessionnel veut également anticiper un danger, celui d’une incompréhension des GMS face aux demandes de hausses de prix par les industriels français.
Un échec dans ce domaine ferait la démonstration qu’un comportement interprofessionnel serait pénalisant pour celui qui s’y astreint et ternirait l’image des interprofessions, alerte le GIPT, qui a rencontré le médiateur des relations commerciales à ce sujet.
Éviter de faire la démonstration qu’un comportement interprofessionnel pénalise celui qui s’y astreint