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Céréales Les rendements stagnent

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Dans une enquête publiée le 30 mai, le Scees revient sur l’évolution des rendements en céréales. Que ce soit en blé ou en maïs, ils stagnent depuis une dizaine d’années. Ce phénomène reste difficile à expliquer. Les manques d’azote, d’eau ou de produits phytos ne semblent pas directement en cause.

«Une période favorable de cinquante années s’est achevée ». C’est ainsi que le service central des enquêtes et études statistiques (Scees) sous-titre son dernier numéro d’Agreste primeur paru le 30 mai, consacré à l’évolution des rendements en blé et maïs. « A 64 quintaux par hectare en 2007, le rendement national moyen du blé tendre est inférieur à son niveau de 1997 », constate l’auteur, Laurent Bisault. Bien sûr, les rendements fluctuent d’une année à l’autre. En 2004, la moyenne est montée à 78 q/ha. Mais en tendance, l’heure est au plafonnement, un constat dont la filière semble avoir vraiment pris conscience avec la flambée des prix. « La stabilisation des rendements met fin à une longue série, observe Agreste. La croissance quasi ininterrompue des rendements remonte en effet aux 16 quintaux de blé à l’hectare obtenus en 1946 ». Cette stagnation se vérifie également chez nos voisins très productifs. Belgique, Allemagne et Royaume-Uni suivent la même pente que la France.

Peu de disparités régionales en blé tendre

Même si des disparités régionales demeurent dans l’Hexagone, certains agriculteurs de Normandie ou de Champagne atteignant régulièrement 100 quintaux par hectare, la fourchette des rendements en blé tendre reste compacte. « Quarante pour cent des superficies cultivées ont un rendement éloigné d’au plus 10 % de la moyenne nationale », remarque Agreste. Le plafonnement est donc général. Une mauvaise utilisation des intrants pourrait-elle suffire à l’expliquer ? Agreste ne croit pas à une insuffisance des apports en azote, nutriment qui a contribué à doper les rendements après guerre. D’après les calculs du Scees sur 2006, moins de deux unités d’azote par quintal de blé récolté suffisaient pour dépasser les 90 quintaux à l’hectare. En moyenne, presque 2,5 unités d’azote ont été apportées cette année-là. Un éventuel déficit hydrique ne serait pas non plus en cause. « Contrairement au maïs, le blé tendre n’en exige pas beaucoup », signale Laurent Bisault, tout en précisant que 3 % des surfaces seulement étaient irriguées en 2006.

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Davantage de phytos améliorent les rendements

Reste la protection des cultures. Agreste indique que « les forts rendements vont de pair avec une utilisation importante des produits phytopharmaceutiques ». Le Scees se fonde sur l’observation des indicateurs de fréquence de traitements, qui correspondent au nombre de doses homologuées apportées en moyenne à l’hectare. Selon ses chiffres de la campagne 2005/2006, un rendement de 90 à 100 q/ha est obtenu avec un indicateur de 5,3, tandis qu’un indicateur de 2,1 correspond à un rendement de moins de 50 q/ha. N’ayant pas les moyens d’évaluer l’utilisation réelle des pesticides, le Scees se refuse toutefois à conclure qu’une moindre utilisation des phytos explique la stagnation des rendements.