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Usica (pulpes de betteraves) Les résultats comptables « mauvais, voire désastreux »

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Les résultats comptables des Sicas de transformation des pulpes de betteraves « s’avèrent mauvais, voire désastreux », a déclaré Jean-Pierre Gachot, président de l’Usica, lors de l’assemblée générale de cette dernière le 21 juin. Cela en raison de la « hausse brutale et conséquente du prix de l’énergie ».

Pour la deuxième année consécutive, la thermie moyenne utilisée dans les 15 Sicas adhérentes de l’Usica (Union des Sicas de transformation des pulpes de betteraves) a vu son prix croître de 23%. Le coût moyen de l’énergie est passé en 2005 à plus de 31 euros par tonne de pellets (granulés de pulpes) produits, contre 25 l’année précédente. Les entreprises ne maîtrisent « absolument pas une hausse brutale et conséquente du prix de l’énergie », a commenté Jean-Pierre Gachot. Cette augmentation est variable selon les types d’énergies : le prix du gaz a augmenté de 41% en 2005/06 par rapport à la campagne précédente, celui du fioul de 68%, alors que celui du charbon est resté stable entre les deux campagnes.

Trop tôt pour entrer dans la mécanique des quotas de CO2

Devant la hausse des prix du pétrole et du gaz, les 15 Sicas appartenant à l’Usica passent les unes après les autres au charbon ou au lignite. Ces combustibles sont moins onéreux, mais plus générateurs de CO2. Les sicas espèrent ne pas être concernées par le Pnaq II, le Plan national d’allocation des quotas de CO2 (2008-2012), mais elles regardent avec intérêt la biomasse comme combustible. Le combustible pourrait être alors de la paille, des plaquettes de bois, ou une partie (par exemple 30%) des pulpes pour sécher les 70% restants, comme au Brésil, où la bagasse de canne sert de combustible aux sucreries (tant pour la production de vapeur que d’électricité). « Même si c’est un excellent aliment du bétail, la pulpe représente une quantité non négligeable de biomasse qui pourrait servir d’énergie pour la fabrication du sucre », a rappelé Jean-Pierre Gachot. Une Sica, celle de Pithiviers (Loiret), a un projet d’équipement pour la biomasse-combustible.

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Pourquoi la réticence des Sicas de transformation des pulpes de betteraves à entrer dans le Pnaq II ? Parce que, passant au charbon ou au lignite, elles aggraveraient leurs pénalités si elles étaient soumises au mécanisme des quotas de CO2. Rappelons que ce mécanisme consiste pour une installation à forte consommation énergétique (de plus de 20 mégawatts) à éviter de dépasser son quota, sous peine d’amende (45 euros par tonne de dépassement), à moins de racheter des crédits de CO2 sur le marché à des « bons élèves ». Pour une Sica ayant un quota de 100, le passage au charbon risque de provoquer des dépassements conséquents (120, 130, 150), intenables financièrement, explique Marjorie Clément, directrice de l’Usica.