Abonné

Agrica Les retraités agricoles moins dépressifs que les citadins

- - 3 min

Les retraités agricoles sont davantage touchés que les urbains par les maladies neuro-dégénératives, du type Alzheimer ou Parkinson, mais sont moins dépressifs et d’une manière générale plus épanouis. Ce constat est celui d’une étude sur le vieillissement et la santé en milieu rural et agricole, présentée le 16 décembre par le groupe Agrica, mutuelle complémentaire des salariés agricoles.

Les retraités agricoles plus touchés que les urbains par la maladie d’Alzheimer, mais moins dépressifs et plus épanouis. C’est ce que met en évidence une étude épidémiologique (qui examine les facteurs influant sur la santé et les maladies des populations humaines) sur le vieillissement et la santé en milieu rural et agricole, présentée par Agrica, et conduite par l’équipe de recherche du docteur Jean-François Dartigues. Cette étude, baptisée Ami (pour Agrica, MSA, IFR de Santé publique), a été menée auprès de 1 000 retraités agricoles âgés en moyenne de 76 ans et habitant le département de la Gironde. La population étudiée a été à 70 % des salariés et à 30 % des exploitants.

Un faible niveau d’études
L’étude indique qu’ils sont trois fois plus nombreux (15,2 %) à souffrir de troubles neuro-dégénératifs que les urbains (5,4 %). « Cette étude est intéressante, a commenté le professeur Dartigues, car elle confirme l’influence de facteurs soupçonnés, comme le faible niveau d’études pour la maladie d’Alzheimer et l’exposition aux pesticides pour la maladie de Parkinson ». « De basses performances cognitives, dues notamment à un faible niveau d’études, entravent les capacités de réserves cérébrales. Or, ce sont ces réserves cérébrales qui permettent de résister à la maladie d’Alzheimer », a expliqué Jean-François Dartigues. Dans la population rurale étudiée, 17% seulement avaient un niveau d’études supérieur au Cep, contre 74% dans la cohorte urbaine de référence, intitulée 3 Cités, et menée dans l’agglomération de Bordeaux.

Des déficits visuels très importants
Pour la maladie de Parkinson, la proportion de patients atteint 16% sur la cohorte Ami, contre 1,6% pour la cohorte urbaine.
En outre, les déficits visuels sont très importants chez les retraités agricoles observés (52 %, contre 15 % en ville), probablement pour des raisons d’accès aux soins et de difficultés financières, selon Jean-François Dartigues.
En revanche, « 9 % de l’échantillon vivant en milieu rural souffrent de dépression alors que plus de 13 % de l’échantillon urbain sont diagnostiqués dépressifs », constate l’étude. Près de 92% des retraités agricoles déclarent qu’ils ont été « très attachés à leur métier », et 72% estiment que « c’est le bon moment de partir », parce que dans de nombreux cas leur travail, physique, se heurte à leurs problèmes de santé.
Cette étude est « très précieuse pour le Groupe Agrica », a commenté Marcel Jamet, directeur général. À partir de ces analyses, Agrica pourra en effet « mettre au point un accompagnement adapté » ainsi que « des actions de prévention dédiées aux retraités vivant en milieu rural ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

recherche
Suivi
Suivre