Tolérance pour la première année d'application de la Pac réformée, prolongation des mesures prises en réponse à l'embargo russe, adoption sans tarder des programmes de développement rural : les organisations professionnelles de l'UE ont fait part de leurs préoccupations et revendications au nouveau commissaire européen à l'agriculture.
Les dirigeants des organisations et coopératives agricoles de l'UE réunis au sein du Copa-Cogeca ont salué le 4 décembre, lors d'un échange de vues avec Phil Hogan, la volonté affichée du nouveau commissaire européen de simplifier la Pac réformée et de parvenir, en la matière, à des résultats au cours de la première année de son mandat (1). Ils ont, dans ce contexte, demandé un certain degré de tolérance lors de la mise en application des nouvelles mesures en 2015, compte tenu de leur complexité, surtout en ce qui concerne le verdissement des aides directes. Le praesidium du Copa-Cogeca a aussi appelé son interlocuteur à adopter d'ici la fin de l'année autant de programmes de développement rural que possible pour la période 2014-2020, ceux-ci risquant sinon d'être retardés jusqu'en mai 2015, avec des répercussions négatives pour les agriculteurs (2).
Embargo russe : prolonger et renforcer les mesures de soutien
Les organisations professionnelles ont par ailleurs plaidé auprès de Phil Hogan pour un soutien plus ciblé au bénéfice des régions les plus durement touchées par l'embargo russe sur les produits agroalimentaires de l'UE, et réclamé des mesures également pour les viandes porcine et bovine. Selon elles, le commissaire à l'agriculture n'a pas exclu la possibilité d'aides supplémentaires, pour les producteurs polonais de pommes notamment (3).
Le Copa-Copeca demande à la Commission de décider dans les plus brefs délais la prolongation, au-delà du 31 décembre prochain et jusqu'à la fin de l'embargo, des dispositions exceptionnelles et temporaires prises dans le secteur des fruits et légumes. À cela devraient s'ajouter, selon lui, des compensations ciblées pour les exploitants dont les revenus sont plus particulièrement affectés. Les volumes d'exportation vers la Russie étaient traditionnellement plus importants de janvier à mai, rappellent à ce propos les organisations professionnelles. En raison des conditions climatiques qui retardent les récoltes, notamment celles des légumes en Espagne, et du risque de chevauchement des productions de légumes entre les États membres du sud et du nord, des perturbations de marché plus sensibles sont prévues pour les tomates, les poivrons, les courgettes, les aubergines et les concombres au printemps.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Par ailleurs, ajoute le Copa-Cogeca, les exportations marocaines d'agrumes et de tomates vers l'UE s'annoncent supérieures à celles de la campagne précédente.
(1), (2) et (3) Voir n° 3474 du 08/12/14
Une délégation des jeunes agriculteurs de l'UE (Ceja) a présenté le 5 décembre à Phil Hogan sa proposition de création d'une garantie bancaire européenne pour favoriser l'installation dans le secteur. Selon le Ceja, une telle garantie, en coopération avec la Banque européenne d'investissement (BEI) et le Fonds d'investissement européen pourrait aider les jeunes agricoles à surmonter le problème d'accès au crédit ainsi que les limitations actuelles à l'accès aux terres. Le Ceja s'est félicité des efforts faits en ce sens par la présidence italienne du Conseil agricole des Vingt-huit.