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Organisation professionnelle/Filière Les revendications du Sniv SNCP pour un secteur dans la tourmente

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Le Sniv SCNP a beau s’en défendre, ses attentes auprès des pouvoirs publics sont fortes. Lors de l’assemblée générale du 1er octobre, Jean-Paul Bigard, président, a résumé les principales revendications du syndicat mais aussi exhorté la filière à professionnaliser son approche de l’export.

Le syndicat des industries de la viande (Sniv SNCP) a tenu son assemblée générale le 1er octobre dans un contexte tendu pour la profession. Rares sont les abatteurs qui ne perdent pas d’argent, et les motifs d’inquiétude et d’insatisfaction du syndicat sont nombreuses.
Pour sortir de l’ornière, le Sniv SNCP, qui espère que le déploiement de la Pac sera favorable à l’élevage, préconise un certain nombre de mesures. Le dumping social, pratiqué notamment par le recours de l’Allemagne au travail détaché en l’absence de salaire minimum a bien sûr été cité. Sur ce point, après les élections allemandes, il faut désormais attendre les élections européennes pour espérer des avancées. Concernant l’export, le constat est alarmant : « En six ans, le déficit du commerce extérieur en produits porcins, viandes et charcuteries a été multiplié par 3,5. Nous, nous dégageons des produits alors que nos concurrents, eux, exportent leur valeur ajoutée », a déclaré Jean-Paul Bigard, président du Sniv SNCP. Le syndicat souhaite donc améliorer l’organisation de la filière à l’export en arrêtant « l’empilement des structures professionnelles » et en créant « une véritable synergie entre les exportateurs et l’administration ».
 
Revoir les modèles économiques et moderniser l’offre
Autre souhait du Sniv SNCP, revoir la mécanique des prix, qui ne tient pas compte de l’indépendance des prix des différents morceaux les uns par rapport aux autres. Dans le même registre, Jean-Paul Bigard a posé la question de la pertinence du fonctionnement du marché au cadran, « dispositif totalement monolithique de formation du prix à l’amont et marché grand ouvert à la concurrence européenne à l’aval ».
Sur des sujets plus techniques, Jean-Paul Bigard a mis en avant les avancées dans la filière avec la sécurisation de la filière du steak haché au regard du risque d’Escherichia coli pathogène par un référentiel audité sur 140 points de contrôle ; le projet d’abandon du terme minerai et de clarification de la nomenclature des matières premières destinées aux préparations de viande et aux plats cuisinés ainsi que le projet de réforme de l’arrêté de 1993 sur la dénomination des morceaux.
 
Projet de loi consommation, écotaxe : le gouvernement en ligne de mire
Dans son discours de clôture, Jean-Paul Bigard a par ailleurs évoqué le projet de loi consommation, qui transpose, avec la clause de renégociation, l’accord du 3 mai 2011. « La normalisation de (la) situation ne viendra pas d’un texte officiel sans obligation de résultat. Il viendra de notre propre volonté à rétablir les fondamentaux économiques et en particulier la vérité sur les prix de revient », a-t-il ainsi déclaré. Dans le registre des relations commerciales toujours, il a taclé la grande distribution. « La hausse des prix à la production a été entièrement financée par les consommateurs et par une contraction drastique de la marge brute d’abattage-découpe », a-t-il rappelé, citant le travail de l’Observatoire des prix et des marges. Au rang des causes de mécontentement, Jean-Paul Bigard a également cité « l’inflation des charges » : éradication du test de l’ESB en Europe mais pas en France ; cervelles des ovins de 6 à 12 interdites seulement en France ; contrôle bactériologique libératoire de la viande hâchée fraîche ; écotaxe… La seule écotaxe représente selon le Sniv SNCP un surcoût de 5 % pour le transport des produits carnés, deuxième poste de charge après la main d’œuvre (sans parler de la collecte des animaux).
 
La revendication de l’étiquetage de l’origine
Enfin, suite au scandale du horsegate, il a appelé les pouvoirs publics à appliquer l’amendement du Sénat au projet de loi consommation prévoyant d’indiquer l’origine des viandes, brutes ou transformées. Une mesure qui nécessite pourtant la révision de la réglementation européenne, sans quoi cet étiquetage ne pourra être que volontaire.

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