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Kokopelli Les semences inscrites cataloguées

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A l’occasion de la conférence de presse de l’association gardoise Kokopelli le 2 février à Paris, Corinne Lepage a fait part de sa crainte de voir s’appauvrir l’offre actuelle de semences inscrites au catalogue officiel au profit de variétés OGM. Kokopelli a critiqué les variétés inscrites dont la plupart sont des hybrides et justifié son travail de conservation. Pour la filière semencière, l’exemple de Kokopelli pourrait destabiliser la filière.

« Les semenciers utilisent les semences inscrites au catalogue officiel qui présentent le plus d’intérêt agronomique pour fabriquer des OGM. Le risque est que ces variétés disparaissent petit à petit du catalogue au profit de leur homologue OGM et que les agriculteurs n’aient bientôt plus de choix entre les semences OGM et les semences non OGM », a déclaré l’avocate Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement et candidate à l’élection présidentielle, qui participait à la conférence de Kokopelli. Selon Corinne Lepage, le coût de maintien d’une variété poussera les semenciers a retiré les semences non OGM. Le coût d’inscription d’une variété au catalogue officiel est de 5 000 euros pour dix ans (coût d’inscription et de maintenance), précise le Groupement interprofessionnel des semences (Gnis). Le Gnis confirme que les semenciers travaillent à la fabrication de semences OGM à partir des semences les plus intéressantes mais selon lui, « les craintes exprimées par Corinne Lepage ne sont pas fondées ».

Les hybrides en question

La pauvreté de l’offre en semences inscrites reproductibles a été dénoncée par Kokopelli. Selon Raoul Jacquin, chargé du dossier juridique, la Fédération nationale des industriels de la semence et plants (FNPSP) annonce 100 000 variétés de légumes mais seulement 19 000 d’entre elles sont disponibles au catalogue européen et la majorité sont des hybrides dont la reproduction ne donne pas des fruits homogènes.

« Prenons l’exemple des tomates : sur 401 variétés de tomates inscrites au catalogue officiel, 95% sont des hybrides et 1% seulement sont des variétés anciennes. Alors que les 1600 variétés de la collection Kokopelli sont distinctes et reproductibles », a précisé Raoul Jacquin.

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L’association a, à l’occasion de ce rendez-vous, également annoncé l’« opération maïs 2007 » : des graines de maïs vont être distribuées à ses adhérents pour qu’ils les cutivent et envoient un échantillon de leur production aux différents ministères chargés de la surveillance des OGM. Le but est de mesurer la contamination OGM des maïs.

Des enjeux différents

Les membres de Kokopelli ont rappelé l’enjeu de leur travail : éviter la disparition d’un grand nombre de variétés, cultivées depuis des centaines voire des milliers d’années. La filière semencière française, une des plus puissantes d’Europe, estime de son côté que Kokopelli ne respecte pas les règles du jeu. De ce fait, le consommateur n’aurait pas les mêmes garanties sur les graines achetées. D’autre part, si l’exemple de l’association fait boule de neige, tout ce secteur économique qui compte des entreprises de taille importante (parmi lesquelles Limagrain, Vilmorin, Monsanto France…) et bon nombre de PME, risque d’être déstabilisé. Créer une variété demande dix ans et c’est un fort investissement pour les entreprises semencières.