L’Union française des semenciers (UFS) s’est dite le 22 novembre « pessimiste » sur le marché du maïs en 2018. Côté semence, de « très fortes incertitudes » pèsent sur les surfaces de l’an prochain, étant donné le besoin de réduire les stocks.
Pierre Frantz, vice-président de la section maïs et sorgho de l’UFS, s’est dit « pessimiste » sur le marché du maïs en 2018 lors de son assemblée générale à Toulouse le 22 novembre. Ce sera « au mieux une stabilité » des volumes, a-t-il ajouté, évoquant un contexte de prix défavorable et des semis en hausse pour le colza, tout comme pour les céréales à la faveur d’un automne clément.
Son bilan 2017 montre pour la grande Europe une stabilité des surfaces de maïs à 25,7 Mha, et pour l’UE une érosion (-1 %). « La dynamique de marché se déplace vers l’Est », notamment l’Ukraine et plus encore la Russie, d’après lui. Concernant la France, les surfaces en maïs sont « en berne pour la quatrième année de suite », avec 2,8 Mha (-3,6 %) dont 1,35 Mha de maïs grain (-6 %) et 1,46 Mha de maïs fourrage (-1,2 %). Cela contribue à une perte de 900 000 doses sur la période 2013-2017, d’après ses chiffres.
La production nationale de maïs grain en 2017 est attendue à 13,8 Mt (+12 % sur un an), dopée par un rendement de 103 q/ha, à son troisième plus haut historique derrière 2014 et 2011. « Il y a eu compensation de la baisse des surfaces grâce au progrès génétique », a souligné Pierre Frantz. Les semenciers déplorent toutefois « un marché en perte de valeur », avec des variétés de moins de trois ans qui cèdent du terrain par rapport à celles de plus de six ans. Cette tendance se confirme depuis 2014-2015.
Semences : des déclassements élevés
Côté maïs semence, de « très fortes incertitudes » pèsent sur les surfaces en 2018, a estimé Jean-Frédéric Cuny, vice-président du comité production de la section maïs et sorgho de l’UFS. Un point de vue renforcé par les bons résultats de cette année. « La situation implique une nécessaire vigilance des semenciers pour entretenir une dynamique de baisse des stocks », a-t-il souligné. Et de pointer « un niveau de déclassements qui ne peut pas durer ». À quelque 3 millions de doses, il représente le double de celui des deux années précédentes, le triple de celui des cinq années antérieures.
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Le secteur des semences a beaucoup produit dans l’espoir d’une croissance du marché. Mais un retournement de conjoncture est intervenu, nourri par la crise géopolitique entre la Russie et l’Ukraine, des fluctuations de monnaies. Résultat, les stocks sont élevés et les déclassements suivent, pour cause de péremption technique, d’obsolescence commerciale.
La France toujours leader
Le bilan 2017 montre des surfaces en recul, à 128 000 ha pour l’UE (-5 %), 204 000 ha pour la zone Europe (-8 %). Toujours leader, la France affiche 58 000 ha (-10 %) après une troisième année de baisse consécutive. Cela représente -38 % depuis le pic de 2014. Les rendements sont au rendez-vous, à 105 % de l’objectif national.
L’UFS espère un niveau de stock de semences assaini en 2018. D’après les chiffres de la fédération des multiplicateurs de semences de maïs (FNPSMS), il descendrait entre 18 et 19 millions de doses. Le ratio stock/utilisation se situerait, au 30 juin 2018, entre 62 et 64 % (contre 70 % un an plus tôt).
L’UFS envisage « au mieux une stabilité » pour le marché du maïs