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Loup Les sénateurs votent une loi contre le loup

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Le 30 janvier, le Sénat a adopté par 208 voix contre 131 une loi créant des « zones de protection renforcée contre le loup », et ce, contre l’avis du gouvernement.

Le Sénat a adopté, contre l’avis du gouvernement, une loi créant des « zones de protection renforcée contre le loup » le 30 janvier. Déposé par le groupe RDSE (Rassemblement démocratique et social européen), la loi prévoit que ces zones « ne devront pas menacer la présence du loup » et regrouperont « les communes dans lesquelles les activités pastorales sont gravement perturbées par les attaques de loups qui causent des dommages importants ». Selon Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, près de 6 000 animaux victimes de prédations du loup ont donné lieu à l’indemnisation de leur propriétaire en 2012 pour « un coût total de 2 millions d’euros ». L’ennui, c’est que le nombre d’attaques ne cessent d’augmenter. À titre d’exemple, en 2008, le gouvernement comptait 2 700 attaques contre 4 900 en 2011.
Malgré tout, la loi arrive à un moment inopportun pour la ministre, qui prônait plutôt la patience. « Le gouvernement ne peut que s’opposer et être défavorable à ce texte », a garantit Delphine Batho, le 30 janvier, peu avant que la loi ne soit adoptée par le Sénat. Son discours et le vote de tous les communistes, écologistes ainsi que la majorité du groupe socialiste n’ont pas été entendus. France Nature environnement (FNE), dans un communiqué du 31 janvier, s’insurge contre l’adoption de ce texte qui constitue « une aberration sur le plan biologique comme sur le plan juridique ».
Le ministère de l’Ecologie s’inquiète aussi de l’adoption de la loi. « Ce vote risque de fragiliser le patient travail que nous sommes en train d’accomplir », adresse Delphine Batho au RDSE, à l’UMP et à la plupart des centristes qui ont voté pour. Et pour cause, le Plan loup couvrant la période 2013-2017 doit être validé le 5 février prochain, et entrer en vigueur avant les estives. Il prévoit notamment, selon les propos de la ministre, de mettre en place « une gestion différenciée adaptée aux territoires » et de « remédier aux situations les plus critiques ». Consciente de la « détresse » et de « l’exaspération » des éleveurs face aux attaques de loup, elle précise qu’une extension des tirs de défense contre les loups est à l’étude.

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