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Les sociaux-démocrates européens proposent « un nouveau type d’agriculture »

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Répondre aux nouvelles attentes de la société et aux défis environnementaux et climatiques, redonner leur place aux mesures de régulation des marchés et améliorer la gestion des risques, construire un « nouvel ordre multilatéral » : tels sont les grands axes des propositions du groupe social-démocrate du Parlement européen pour « l’agriculture dont nous avons besoin », selon un projet qui doit encore être finalisé.

Le projet de position du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S & D) sur « L’agriculture dont nous avons besoin… » a été présenté le 8 novembre aux députés de cette famille politique (190 sièges sur 746). Il doit encore être finalisé, des amendements étant attendus, en provenance surtout des membres de la commission parlementaire du commerce international.

Le document part du principe que « le premier but de notre agriculture est de nourrir la population, avec des produits de qualité, tout en préservant les écosystèmes de la planète et la vitalité de nos zones rurales ». Et ce dans un contexte nouveau, à savoir le « besoin d’un modèle plus social » car « le modèle libéral s’essouffle », la nécessité d’une « action urgente pour le climat et l’environnement », « l’agriculture 2.0 » et les « nouvelles attentes de la société ».

Régulation des marchés, gestion des risques, soutien contracyclique

Les auteurs préconisent, dans ce contexte, « un nouveau type d’agriculture ». Avec, tout d’abord, le retour des mesures de régulation des marchés : « programmes de réduction de la production » ; plus d’outils pour la gestion des risques climatiques, sanitaires et économiques, en particulier « l’assurance risques pour la production agricole, les outils de stabilisation du revenu et les fonds mutuels » ; filets de sécurité et « systèmes de prévention et gestion des crises basés sur des aides contracycliques » pour « garantir que les agriculteurs soient payés équitablement ».

À cela doivent s’ajouter le renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire et un soutien à « l’agriculture à l’échelle humaine ».

Principe de précaution, agroécologie

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Le projet du groupe S & D préconise ensuite le développement d’une « politique alimentaire et de nutrition pour sauvegarder la santé humaine » : assurer la « garantie du principe de précaution », rendre les aliments biologiques et les produits de qualité « plus visibles et accessibles », s’attaquer au gaspillage alimentaire. Autre recommandation, « accélérer la transition vers une agriculture durable et viable économiquement pour répondre aux défis environnementaux et climatiques », notamment en favorisant la préservation de la biodiversité (« agroécologie ») et le bien-être animal.

Il faut parallèlement, selon le document, « investir dans le rural pour le bien de notre terre et de nos régions », en particulier encourager les jeunes agriculteurs et promouvoir les chaînes d’approvisionnement courtes et l’achat local.

Un « nouvel ordre multilatéral »

« L’agriculture est beaucoup plus qu’un business », souligne enfin ce projet de position, qui propose de « faire progresser les principes progressistes coopératifs, sociaux et environnementaux dans notre politique commerciale » afin de parvenir à « l’autosuffisance » au niveau mondial.

En la matière, « l’objectif à long terme de notre politique commerciale devrait être de rétablir l’autonomie alimentaire de chaque région du monde, en travaillant sur un nouvel ordre multilatéral », à savoir des systèmes agricoles durables liés à une plus grande stabilité des revenus.