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Rapport Besson Les solutions pour faire baisser les prix incombent à la distribution

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Les solutions pour faire baisser les prix alimentaires en faveur des consommateurs incombent à la distribution, notamment par une concurrence accrue entre enseignes. Tel est le sens du rapport sur la « formation des prix alimentaires » présenté le 16 décembre par Éric Besson, secrétaire d’État chargé de la Prospective, lors d’une conférence de presse avec Michel Barnier.

À la demande du ministre de l’Agriculture Michel Barnier, Éric Besson, secrétaire d’État chargé de la Prospective, a réalisé une étude sur la formation des prix alimentaires. Ce rapport, présenté le 16 décembre lors d’une conférence de presse, fait trois recommandations : développer les magasins hard discount, accroître la concurrence entre enseignes localement, et faire en sorte que cette concurrence ne s’exerce pas au détriment des producteurs et des transformateurs. En clair, la solution pour faire profiter les consommateurs d’une baisse des prix alimentaires se situe essentiellement au stade de la distribution. En constatant que la marge de manœuvre pour abaisser les prix alimentaires se situe au niveau de la distribution, le rapport clarifie un débat récurrent, dans lequel producteurs, industriels et distributeurs se renvoient la responsabilité des prix perçus comme trop élevés.

Il faut une concurrence accrue entre distributeurs

« Pour faire baisser le niveau des prix alimentaires, le développement des magasins hard discount est une des solutions », selon Éric Besson. Le poids du hard discount « reste faible en France ». Les produits vendus en hard discount sont moins chers parce que leurs marges sont plus faibles, a-t-il précisé.

Le hard discount n’est qu’un élément de la solution. Cette dernière est avant tout une concurrence accrue entre distributeurs : « Si les Pays-Bas ont pu réduire de façon impressionnante le niveau, absolu comme relatif (par rapport à la moyenne de l’UE), des prix, c’est à une guerre des prix entre distributeurs lancée en 2003 » qu’ils le doivent.

Le rapport rappelle, en citant le cas des fruits et légumes, que « moins il y a d’intermédiaires, plus les prix sont bas ». Il pointe aussi certaines filières, comme la filière porcine, où les marges des distributeurs sur le rôti de porc et le jambon sont particulièrement élevées.

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L’Ania : les marges identifiées « clairement » tout au long de la chaîne

« Dans le contexte de débats, parfois polémiques, que nous connaissons depuis plusieurs mois, nous ne pouvons que saluer l’initiative de Michel Barnier, commanditaire de cette étude », a commenté Jean-René Buisson, président de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires). Le rapport Besson, en se penchant sur les mécanismes de la formation des prix, « permet d’identifier clairement, pour une liste de produits déterminée, les marges tout au long de la chaîne, de l’agriculteur au distributeur ».

Transformant plus de 70 % de la production agricole française, « l’industrie agroalimentaire n’a répercuté sur le prix consommateur, en moyenne et de manière différée, qu’un quart des hausses de prix des matières premières subies sur deux ans. Le rapport Besson apporte la preuve que le surplus a bien été absorbé par les entreprises », s’est félicité l’Ania.

En revanche, la Fédération du commerce et de la distribution a réagi négativement au rapport Besson. La FCD reproche à l’étude d’avoir estimé que les « prix de détail apparaissent pratiquement indépendants des prix agricoles, comme si la forte hausse des prix agricoles (et du pétrole) intervenue en 2007 ne pouvait avoir d’effet sur les prix ». L’étude « affirme que les marges de la distribution sont en moyenne assez fortes en France, sans caractériser les choses, ni d’ailleurs aborder vraiment la question de la décomposition de la marge brute », dénonce la FCD. Les enseignes « n’acceptent pas, une fois de plus, d’être désignées comme des boucs émissaires », conclut la FCD.