Philippe Mangin a réuni la presse pour faire le point sur les sujets qu'il a abordés avec François Hollande lors de leur rendez-vous fin mai. Il est revenu sur la guerre des prix dans la grande distribution qui n'a pas cessé et qui nécessite la création d'une nouvelle relation avec tous les intervenants du secteur. Il a également demandé une mesure compensatoire à celle du sur-amortissement.
Philippe Mangin a rencontré François Hollande fin mai. L'occasion pour le patron de Coop de France d'évoquer différents sujets chers aux coopératives, « un modèle d'entreprise résilient que soutient le président », selon lui. Philippe Mangin est ainsi monté au créneau pour obtenir une mesure équivalente à celle du sur-amortissement décidé par Emmanuel Macron pour favoriser les investissements et donc accélérer la reprise. Cette mesure permet de majorer de 40 % le montant des amortissements et donc de réduire la base taxable pour les entreprises. Mais les coopératives, de par leur statut, n'y sont pas éligibles. « Compte tenu de notre capacité d'investissement, si nous appliquions cette mesure du sur-amortissement, cela repré-sente un montant compris entre 10 et 13 millions d'euros pour le secteur coopératif, hors filiales », a souligné Pascale Viné, le délégué général de Coop de France.
UNE MESURE ÉQUIVALENTE
Sur ce dossier, Coop de France a travaillé avec d'autres coopératives. Philippe Mangin a d'ailleurs co-signé avec Jean-Louis Bancel, président de Coop FR, Michel Pernin, président des coopératives artisanales, Philippe Mérabet, président de la coopération maritime et Stéphane Aio, président de France groupement, un courrier adressé à Stéphane Le Foll pour demander une mesure compensatoire. « Nous demandons une mesure simple et efficace, nous a précisé Pascal Viné, qui pourrait faire baisser nos charges, pourquoi pas sociales, et se retrouverait immédiatement dans les comptes ». Et le message est passé auprès de François Hollande. Les coopératives ont rendez-vous le 15 juin avec les cabinets de Stéphane Le Foll, d'Emmanuel Macron et de Carole Delga. La dite mesure compensatoire pourrait être inscrite dans la prochaine loi de finances rectificative prévue pour juillet.
TOUJOURS LA GUERRE DES PRIX
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Il a également été question lors du rendez-vous avec le président de l'impasse dans laquelle se trouvent l'ensemble des acteurs de l'agroalimentaire, face à la guerre des prix entre les distributeurs. Une situation que tous les intervenants dénoncent dans la mesure où elle entraîne « un affaiblissement de tous les maillons de la chaîne alimentaire, alors que dans le même temps, le consommateur a l'impression que son poste dépenses augmente », a souligné Philippe Mangin lors d'une conférence de presse le 4 juin. Et ce dernier de s'interroger : « À qui tout cela profite ? ».
NEW DEAL AVEC LA DISTRIBUTION
La stratégie de Coop de France pour répondre à cette problématique se résume en trois points. En premier lieu, « nous demandons une pause réglementaire et législative », a insisté Philippe Mangin, pour qui cet « empilement des lois n'apporte aucune stabilité », mais fait en revanche les choux gras des juristes et des avocats. En second lieu, Coop de France demande aux pouvoirs publics de prendre leur responsabilité afin que tout soit mis en œuvre pour faire appliquer les lois existantes. « Que le comité de suivi se réunisse à une fréquence soutenue, afin de devenir un lieu de veille permanente, où l'on puisse alerter le législateur du non-respect de la loi », a encore estimé Philippe Mangin. Enfin, ce dernier a ouvert un plan de travail à 2 ans avec la FCD, et aussi avec les enseignes indépendantes, pour « reconstruire un climat de dialogue ». Philippe Mangin veut un « new deal avec les enseignes de la distribution ». Des rendez-vous ont été pris en ce sens, dont le succès se mesurera au final « lors des prochaines négociations commerciales », a souligné le patron de Coop de France. Le but de ce new deal est « retrouver de la valeur dans des relations plus constructives et qui prennent aussi en compte les demandes des consommateurs ». Loin de vouloir nier les problèmes de pouvoirs d'achat de certains d'entre eux, Philippe Mangin estime qu'il faut voir comment l'agriculture française peut répondre à « leur attente de prix bas avec une sécurité alimentaire irréprochable », égratignant à cette occasion le ministre de l'Agriculture qui « ne prend pas ce problème assez en compte ».