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FranceAgriMer Les stocks céréaliers mondiaux au niveau mimimum

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Lors d’une conférence organisée par FranceAgriMer suite au conseil spécialisé des céréales, le 12 octobre, Michel Ferret, chef de service des marchés et des filières, a indiqué que malgré une détente observée sur les prix des céréales, le marché mondial restait tendu. « Le ratio mondial stock sur consommation, toutes céréales sauf le riz, est très tendu à 19%, soit un point au-dessus du seuil d’alerte de la FAO à 18% » a souligné Michel Ferret. Selon lui, ce sont principalement des éléments exogènes au marché qui font baisser les cours agricoles pour le moment.

«Les incertitudes sur la robustesse de l’économie mondiale, la solidité de l’euro, et la remontée du dollar, souvent synonymes de baisse des prix agricoles, ont eu tendance à déprimer les cours des céréales ces dernières semaines », a expliqué Michel Ferret, chef de service des marchés et des filières chez FranceAgriMer, le 12 octobre. De plus, selon lui, la Russie a aussi eu tendance à faire baisser les cours du blé depuis le début de la campagne 2011/2012 pour faciliter son accès au marché égyptien.

Une stratégie fine pour les achats égyptiens
« La Russie a été mise sous pression après avoir été éliminée des appels d’offres égyptiens en tout début de campagne », a indiqué Michel Ferret. En effet, suite à l’embargo de la Russie sur ses exportations lors de la campagne 2010/2011, l’Egypte, par l’intermédiaire de son office public d’achat, le Gasc, n’a pas souhaité faire affaire avec un pays peu fiable en termes d’approvisionnement. Des stocks russes plus importants que prévus en fin de campagne 2010/2011 et l’arrivée d’une bonne récolte ont forcé la Russie à faire des concessions sur ses prix pour dégager les silos et accéder massivement au marché égyptien. « Une stratégie fine des acheteurs publics égyptiens qui ont forcé la Russie à fortement baisser ses prix pour accéder à son marché, déprimant de fait les cours mondiaux du blé », a fait remarquer Michel Ferret. Ainsi, après avoir fait profil bas lors de la campagne 2010/2011, l’Egypte fait la fine bouche cette année. A ce sujet, Michel Ferret a rappelé que l’Egypte avait relevé d’un demi-point les taux de protéines des blés à l’importation, amenant les qualités françaises à devoir atteindre les 11,5% de protéines pour passer sur cette destination. « Ceci pourrait rendre difficile l’accès des blés français au marché égyptien dans le futur », a souligné Rémi Haquin, président du conseil spécialisé des céréales de FranceAgriMer.

Retour de la mer Noire avec un rebond des productions
« La Russie devrait récolter plus de 90Mt de céréales cette année », a indiqué Michel Ferret. De plus, il a souligné qu’en 2011 la récolte de blé russe atteindrait les 58Mt, dépassant les 55Mt récoltées aux Etats-Unis. De son côté, l’Ukraine vient de lever les taxes à l’exportation sur le maïs et le blé. D’ailleurs, « le pays vise à exporter 8 à 10Mt de maïs, ce qui devrait suppléer en partie au retrait partiel des Etats-Unis du marché », a analysé Michel Ferret. Selon lui, l’Ukraine a une carte à jouer sur ce marché en raison d’une forte hausse des productions de maïs du pays, et face à un ratio mondial stock sur consommation de 14% pour cette culture, ce qui est très tendu. Ce ratio serait même inférieur à 5% aux Etats-Unis pour le maïs, d’après Michel Ferret. Pour lui, « la réduction des exportations de maïs américain fait le jeu du blé fourrager, et de l’Ukraine qui grâce à une forte production de maïs en 2011 va pouvoir fournir les marchés européens et asiatiques ». L’accès aux marchés lointains pour l’Ukraine est facilité par des coûts de fret maritime bas selon Michel Ferret. Enfin, il a souligné que depuis deux à trois ans le maïs guidait le marché mondial des céréales, mais que ce produit était un peu délaissé en ce moment par le Sud-Est asiatique, un gros importateur, en raison de son coût trop élevé. Selon Michel Ferret, l’Asie lorgnerait davantage sur les blés fourragers australiens, dont la récolte devrait arriver bientôt sur le marché, pour satisfaire leurs besoins en nutrition animale.

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