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Chiffres 2012 Les surfaces bio progressent mais les conversions se tassent

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Un million d’hectares est cultivé selon le mode de production biologique et 25 000 agriculteurs sont désormais engagés dans le bio, selon les chiffres consolidés à fin 2012 de l’Agence bio. Les conversions connaissent un palier qui n’inquiète pas cette dernière, mais les regards se tournent désormais vers le plan Ambition bio 2017.

Pour l’Agence bio, les indicateurs du secteur sont toujours au beau fixe. L’offre progresse : le million d’hectares convertis ou en conversion est dépassé, de même que le cap des 25 000 producteurs. Au premier semestre, les surfaces qui sont passées au label bio (après la période de conversion) ont augmenté de 12%. Le bio français est donc de plus en plus présent sur les étals et assurait, fin 2012, les trois quarts de la consommation de produits bio. La part des importations de l’étranger, voisins européens compris, se réduit donc à 25% à la fin 2012, dont seuls 10 % ne seraient pas substituables (il s’agit de productions impossibles en France : fruits exotiques, café…). La demande progresse aussi, notamment en restauration collective et en restauration commerciale hors foyer. Néanmoins, entre 2011 et 2012, les surfaces en conversion reculent de 36% si on cumule les surfaces en première, deuxième et troisième année de conversion. L’engagement en bio « est toujours en escalier », rassure François Thiery, vice-président de l’Agence bio. Néanmoins, celle-ci attend un signal via le plan Ambition bio 2017. Pour l’heure et par rapport à l’an dernier, un million d’euros supplémentaire doit être alloué en 2013 au fonds Avenir bio lié à ce plan. Quant aux soutiens à la production, ils proviendront de la Pac.
 
Les déconversions sont « peu nombreuses »
En outre, l’Agence bio a relativisé le problème des « déconversions ». Sur les 25 000 producteurs bio, 600 ont cessé leur activité bio en 2012 (2,4%) a détaillé Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio. Pour 60% d’entre eux, il s’agit d’un problème au moment du départ à la retraite et de la transmission, qui n’a pas permis de maintenir la production selon le mode biologique. Les 40 autres pourcents sont des cas de figure « très variés » explique Elisabeth Mercier. Quelques cas de déconversion avec cessation du bio, mais poursuite de l’activité ont toutefois été repérés, notamment en viticulture. Mais, pour l’Agence bio, « cela ne représente que peu de cas ». Selon François Thiery, le problème de la transmission se posera de façon plus nette « d’ici à cinq ans ». La génération d’agriculteurs convertis dans les années 1995 à 2005 atteindra alors l’âge de la retraite et pourrait peiner à trouver des repreneurs en bio.
 
Un marché de 4,17 milliards d’euros
Le marché du bio a représenté en 2012, 4,17 milliards d’euros, et devrait augmenter à 4,5 milliards d’euros en 2013, selon les projections de l’agence. Les exportations sont, elles aussi, en hausse, et représentent en 2012 309 millions d’euros, soit 8% du chiffre d’affaires de la filière bio.
L’Agence bio a précisé quelques données sur les pratiques des agriculteurs français en production biologique : en 2012, un producteur bio sur quatre transforme à la ferme tout ou partie de sa production et un producteur bio sur deux vend au moins une partie de sa production en direct auprès du consommateurs. Les circuits de commercialisation sont généralement multiples, et seul un exploitant sur 10 écoule la totalité de sa production sans passer par un intermédiaire. « Le chiffre d’affaires est principalement réalisé sur les marchés, à la ferme, via les Amap ou par correspondance », avec différentes pondérations selon les produits. Reste que 83% des ventes de produits bio, en valeur, ont lieu en supermarché (47% en grandes surfaces alimentaires et 27 % en magasin spécialisé).

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