Une augmentation de la température moyenne de la terre de 5,8 degrés celsius, d’ici 50 à 100 ans, réduira de moitié les surfaces cultivables au Brésil, selon une étude publiée le 18 mars.
Des chercheurs de l’association brésilienne de l’agriculture et de l’élevage (Embrapa, publique) et de l’Université de Campinas (Unicamp) ont simulé par ordinateur l’impact d’une hausse de la température sur les cultures de soja, café, riz, haricots et maïs. L’étude a montré que les terres aptes à produire pourraient diminuer de moitié d’ici la fin du siècle.
Disparition du soja du sud du pays
Les scientifiques sont partis de données du ministère de l’Agriculture qui établissent la meilleure époque pour planter, la région et le type de sol adéquats pour chaque culture, dans chaque commune du Brésil. « Selon nos calculs, le pays a une surface potentielle de 3 millions de km2 pour la culture du soja, 4,8 millions pour le riz (non irrigué), 3,5 millions pour les haricots et 5,2 millions pour le maïs », a expliqué le chercheur d’Unicamp, Eduardo Assad.
Pour chacune de ces productions, les experts ont simulé l’impact qu’aurait un réchauffement moyen mondial de 1 degré celsius, 3 degrés et 5,8 degrés, augmentation qui devrait avoir lieu d’ici 50 à 100 ans selon une prévision du Panel intergouvernemental sur le changement climatique (IPCC). Mais, selon certains scientifiques, la température aura progressé de 11 degrés d’ici cent ans.
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« Ce qui est sûr, c’est que d’ici 15 ans la température aura déjà augmenté de 1 degré », a souligné M. Assad, précisant notamment que « le soja disparaîtra du sud du pays et se concentrera dans le centre-ouest ».
Le point commun aux cultures étudiées est que la surface potentielle cultivable aura diminué de moitié.
L’objectif de l’étude est d’alerter les autorités et la communauté scientifique sur la nécessité d’adopter des mesures pour éviter ce qui pourrait devenir un désastre pour l’agriculture et l’économie du Brésil. En 2004, les exportations agroalimentaires du pays ont atteint 34 milliards de dollars.