Abonné

Paysages Les surfaces de prairies ont perdu 7 % en onze ans

- - 3 min

Même si l’instauration de la prime au maintien de l’élevage extensif a ralenti le phénomène, les surfaces de prairies continuent de régresser en France. Elles ont perdu 900 000 ha entre 1992 et 2003. Ce recul se fait au profit des terres arables, notamment dans les régions d’élevage laitiers.

Les services statistiques du ministère de l’Agriculture (Scees) viennent de publier une étude montrant que les prairies ont perdu près de 900 000 ha entre 1992 et 2003, soit 7 % de leur surface. Les prairies avaient déjà cédé près de 2,5 millions d’hectares entre 1982 et 1992. Ce phénomène a été ralenti avec l’instauration de la prime au maintien des systèmes d’élevage extensif (PMSEE). Le recul des prairies est le résultat de mouvements contradictoires. Le plus important est l’intensification de l’agriculture qui conduit à retourner des prairies pour augmenter les terres arables, qui augmentent de 351 000 ha sur la période étudiée. Ce transfert net est, en réalité, le résultat de deux flux : d’un côté le retournement de 2,04 millions d’hectares de prairies en terres arables, de l’autre côté l’implantation de 1,69 million d’hectares de prairies prises sur les terres arables.

L’urbanisation gagne

Dans le même temps, des prairies abandonnées se transforment en friches ou en landes, ou bien sont implantées en forêts. Ainsi, 155 000 ha de prairies laissent la place aux landes et friches, et 167 000 ha aux espaces boisés. L’urbanisation et les espaces artificialisés viennent aussi grignoter des surfaces de prairies, qui cèdent ainsi 138 000 ha.

La nouvelle réforme de la Pac impose désormais un « relatif » maintien de la part des prairies de cinq ans ou plus dans les terres agricoles, en prévoyant une diminution du montant des aides en cas de non-respect.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Le maïs fourrage se substitue aux herbages

Dans quelles régions les prairies ont-elles cédé le plus de terrain ? La réponse du Scees est claire : dans les régions d’élevage laitier, particulièrement en Normandie, mais aussi en Bretagne. Par exemple, la Manche perd 10 % de prairies entre 1992 et 2003 au profit des terres arables, alors que le maïs fourrage augmente de 13 % ses surfaces. Dans le Sud-Est, les prairies sont aussi en recul. Par exemple, dans les Alpes-de-Haute-Provence, le recul de la production ovine conduit à une baisse de 25 % des surfaces de prairies au profit des espaces boisés, ce qui est moins perceptible sur les paysages. Les régions traditionnellement orientées vers la production de viande bovine résistent beaucoup mieux à la baisse des paturages, notamment dans le Massif central.

Morcellement du paysage

Le recul de la SAU en herbage est accompagné d’une légère baisse de la surface moyenne des îlots de prairies sur l’ensemble de la France, ce qui morcelle les paysages. La réduction des îlots de prairies affecte en premier lieu les régions laitières de la Basse-Normandie et en Maine-et-Loire. Au contraire, on observe une extension des îlots de terres arables à la périphérie des grands bassins céréaliers : Normandie, Pays-de-Loire, Poitou-Charentes, au nord de l’Auvergne, en Franche-Comté et en Lorraine.