Les surfaces cultivées en plantes génétiquement modifiées ont progressé de 20 % (+ 13,3 millions d’hectares) dans le monde en 2004, pour atteindre 81 millions d’hectares, estime l’International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA), dans son dernier rapport annuel publié début janvier . Alors que les cultures d’OGM connaissent des progressions à deux chiffres depuis huit ans, la croissance enregistrée l’an dernier est la seconde plus forte à ce jour. Les Etats-Unis se taillent toujours la part du lion avec 60 % des surfaces mondiales d’OGM, mais les cultures transgéniques gagnent du terrain dans d’autres régions et notamment dans des pays en développement. À l’exception de l’Espagne qui a augmenté ses superficies de maïs génétiquement modifié de 80 % l’an dernier, l’Europe est toujours à la traîne. Mais la reprise des procédures d’autorisations dans l’UE « devrait favoriser l’adoption des OGM dans les États membres », estime l’ISAAA.
Le nombre de pays considérés comme d’importants producteurs d’OGM (cultivant plus de 50 000 hectares) est passé de 10 en 2003 à 14 en 2004, avec une augmentation importante des surfaces consacrées aux cultures transgéniques au Paraguay, au Mexique, en Espagne et aux Philippines, selon l’ISAAA. Les Etats-Unis (47,6 millions d’ha, soit 59 % de la surface mondiale) sont toujours – et de loin – en première position, devant l’Argentine (20 %), le Canada (6 %), le Brésil (6 %), la Chine (5 %), le Paraguay (2 %), l’Inde (1 %) et l’Afrique du Sud (1 %). Pour la première fois, la croissance nette des surfaces a été plus importante dans les pays en développement (+ 7,2 millions d’ha, soit +35 %) que dans les pays industrialisés (+ 6,1 millions d’hectares, soit +13 %).
Selon le président de l’ISAAA, Clive James, cinq pays clés - la Chine, l’Inde, l’Argentine, le Brésil et l’Afrique du Sud - influeront de façon importante sur l’adoption et l’acceptation des plantes génétiquement modifiées dans le monde. « Les premières promesses des biotechnologies végétales ont été tenues », a déclaré M. James, lors de la présentation du rapport, le 12 janvier. « Les cultures génétiquement modifiées sont maintenant prêtes à entrer dans une nouvelle dynamique qui devrait stimuler leur croissance dans le futur. » Environ 8,25 millions d’agriculteurs de 17 pays ont cultivé des variétés génétiquement modifiées en 2004, soit 1,25 million d’agriculteurs de plus qu’en 2003. 90 % de ces agriculteurs vivent dans des pays en développement. Avant la fin de la décennie, 15 millions d’agriculteurs pourraient cultiver des variétés transgéniques sur 150 millions d’hectares, dans 30 pays, estime l’ISAAA. Il est ainsi probable que la Chine approuve le riz Bt dès cette année, ce qui ouvrirait de nouvelles perspectives pour cette céréale alimentaire de base, souligne le rapport.
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L’Europe toujours à la traîne
Dans l’Union européenne, l’Espagne est toujours le seul Etat membre à cultiver des plantes génétiquement modifiées à grande échelle et à procéder à des cultures commerciales d’OGM. Avec 58 000 hectares consacrés au maïs Bt en 2004, les surfaces espagnoles d’OGM ont connu une augmentation de 80 % par rapport à 2003 (32 000 ha). Comme en 2003, l’Allemagne a cultivé l’an dernier une petite surface de maïs Bt à des fins de recherche et de développement. La levée en mai 2004 du moratoire européen sur les nouvelles autorisations d’OGM, avec le feu vert donné à l’importation du maïs doux Bt11 puis à celle du maïs NK603, et l’inscription au catalogue communautaire des semences de 17 variétés dérivées du maïs MON 810 devraient « favoriser l’adoption du maïs génétiquement modifié dans les États membres », estime l’ISAAA. En Europe centrale, la Roumanie a enregistré une croissance significative des surfaces de soja transgénique, qui ont atteint 100 000 hectares en 2004. La Bulgarie en revanche n’a pas poursuivi la culture de maïs tolérant aux herbicides.