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Bretagne Les syndicats de salariés veulent reprendre la contestation par la gauche

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Sept organisations syndicales appelaient à manifester, samedi 23 novembre en Bretagne, pour faire contrepoids au mouvement des « bonnets rouges » dans lequel ils ne se reconnaissent pas.

Pour faire contrepoids au mouvement des « bonnets rouges » dans lequel ils ne se reconnaissent pas, sept organisations syndicales bretonnes (CFDT, CGT, Solidaires, CFTC, UNSA, CFE-CGC et FSU) appelaient à manifester, samedi 23 novembre, pour des mesures sociales dans le « pacte social pour l’avenir de la Bretagne ». Des cortèges devaient être organisés à Rennes, Saint-Brieuc, Morlaix et Lorient.
 
Du social dans le pacte d’avenir
Après les actions organisées contre l’écotaxe, les discussions se succèdent à la préfecture mais laissent les syndicats sur leur faim. Le pacte est qualifié d’« insuffisant » par les 7 organisations syndicales qui revendiquent, parallèlement aux mesures économiques que contiendra le pacte d’avenir, « un volet social conséquent ». Cela passe par des mesures concernant notamment la formation, l’accompagnement des personnes licenciées, les conditions de travail, mais aussi les modalités du dialogue social pour que les salariés participent effectivement à la réflexion sur les mutations économiques et industrielles dans la région.
 
Clarifier le mouvement
Jean-Luc Bindel, secrétaire général de la Fédération nationale de l’agroalimentaire et des forêts de la CGT (Fnaf-CGT), espère « clarifier le mouvement » contre « l’alliance antirépublicaine » que constituent les bonnets rouges : « Ce sont les licencieurs qui appellent les licenciés à manifester ! », s’indigne-t-il. Il critique les stratégies de Doux, « qui a utilisé l’argent européen pour produire au Brésil », et de Tilly-Sabco, rappelant que son président, Daniel Sauvaget, est un habitué des fermetures d’entreprises, évoquant la liquidation d’Unicopa en 2008.
« Oui, il est nécessaire que les pouvoirs publics continuent à mettre de l’argent, mais pour réorienter la production vers le marché intérieur, puisque la France importe 40% des poulets qu’elle consomme », détaille Jean-Luc Bindel. Il propose de « mettre les filières porcs et volailles sous tutelle de l’Etat, qui a suffisamment payé pour ça, puis que les outils industriels soient restitués aux salariés sous forme de vraies coopératives ».
 
Les salariés oubliés de la Loi d’avenir
Tout en critiquant les meneurs des bonnets rouges, Jean-Luc Bindel estime que « dans la colère, le désespoir, le gouvernement a une part de responsabilité » en « refusant de s’attaquer aux problèmes de fond ».
Jocelyne Hacquemand, économiste à la CGT, constate que le projet de Loi d’avenir agricole, dont elle est rapporteur au Conseil économique, social et environnemental (CESE), « ne comporte qu’une seule fois le terme salarié, alors qu’ils réalisent 35% de la production agricole ». En outre, « il n’y a pas une seule mesure pour mettre un terme à la cascade de plans sociaux qui a lieu actuellement », regrette-t-elle.

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