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Réforme du secteur du sucre Les syndicats de travailleurs donnent de la voix

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Faisant le point sur les fermetures d’usines liées jusqu’à maintenant à la réforme du secteur du sucre, la Fédération européenne des syndicats de l’agriculture, de l’alimentation et du tourisme (Effat) parle de « scandale » et demande que des plans sociaux soient conclus avant qu’un projet de restructuration ne soit validé.

Tout en reconnaissant que le marché sucrier européen « devait subir une réforme », l’Effat rappelle qu’elle s’est « fermement opposée » aux décisions prises par les Vingt-cinq, qui risquent d’aboutir à « la fermeture de 100 usines et la suppression de 150 000 emplois directs et indirects ».

A ce jour, précise-t-elle, « les travailleurs de 40 sucreries implantées dans quinze pays européens ont été ou seront confrontés à la fermeture de leur usine. Cela signifie que près de 4 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects ont été supprimés en 2006 ou disparaîtront en 2007 ».

Sur ce total, poursuit la fédération syndicale, « seules cinq entreprises, comptant environ 1 800 salariés directs dans quinze usines réparties dans trois pays ont décidé de lier les plans de restructuration à l’abandon de quotas de production et seront par conséquent soutenus par le fonds de restructuration temporaire ».

« Scandale » social

« Le scandale de cette réforme, c’est qu’elle offre une aide spécifique aux agriculteurs alors que les travailleurs ont dû lutter, et doivent toujours lutter en organisant des manifestations, comme en Italie, des grèves ou en introduisant des recours devant les tribunaux, par exemple en Irlande, pour faire respecter leurs droits. A cela s’ajoute le fait que des entreprises comme Greencore en Irlande gèrent leur restructuration de façon socialement irresponsable », estime Harald Wiedenhofer, le secrétaire général de l’Effat.

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Selon lui, la Commission européenne ne peut, non plus, « échapper à ses responsabilités ». Ses objectifs pour les deux premières années de la réforme ne sont pas atteints : « A l’heure actuelle, seules 2,2 millions de tonnes ont été abandonnées en 2006 ou seront abandonnées en 2007 », et « l’une des raisons de cet échec est que les travailleurs ne veulent pas quitter le secteur puisqu’ils n’ont pas d’autres perspectives d’emploi ».

Revoir les dispositions actuelles

Les pouvoirs publics nationaux doivent s’impliquer davantage dans les plans de restructuration des entreprises, comme cela s’est fait efficacement en Italie et en Espagne, estime donc l’Effat.

« Pour empêcher la répétition de cas tels que Greencore, qui va encaisser des millions d’euros tout en refusant d’accorder à ses salariés une indemnisation de licenciement acceptable, la conclusion de plans sociaux par la direction et les salariés doit être rendue obligatoire avant que les pouvoirs publics nationaux puissent approuver un plan de restructuration présenté par une entreprise », insiste M. Wiedenhofer.

Le secrétaire général de l’Effat demande donc à la Commission de Bruxelles « de consulter les partenaires sociaux afin de garantir qu’une révision des dispositions renforce la dimension sociale de la réforme du marché sucrier ».