Confédération paysanne : « Pour une révolution écologique, le consensus ne peut suffire »
Si la Confédération paysanne se félicite de la « révolution écologique » souhaitée par Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Ecologie, le syndicat estime que les propositions d’actions énoncées par les responsables des groupes de travail du Grenelle ne sont pas à la hauteur des enjeux. « Définir une haute valeur environnementale ne suffit pas à modifier réellement les pratiques », précise la Confédération paysanne. « Attendre qu’on ait trouvé des molécules de substitution pour interdire les produits classés dangereux (chimiques, pesticides) n’est pas responsable. Développer des taxes environnementales comme signal d’alarme peut être utile mais pas généralisable ». Pour faire évoluer l’agriculture, « nous disposons d’un outil essentiel et doté de finances importantes, la Pac, dont nous devons revoir intégralement les objectifs », souligne le syndicat. Quant aux OGM, « une voie possible : un moratoire sur les productions OGM en plein champ qui permette de préparer sereinement et intelligemment une loi ».
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Coordination rurale : « Un goût amer dans la bouche »
« On a beaucoup discuté pendant ces réunions, mais je n’ai jamais eu l’impression qu’en dehors des grands objectifs, nous parlions de la même chose. Je garde un goût amer dans la bouche. Le présupposé de départ a toujours été que l’agriculture était un problème pour l’environnement », regrette le président de la Coordination rurale François Lucas. « Malgré la richesse indéniable des débats, l’exercice a finalement consisté à faire rentrer les participants dans un entonnoir dont il fallait sortir par une série de mesures prétendument consensuelles », note-t-il. « Dans le fond, on n’a jamais abordé la question essentielle : comment l’agriculture va-t-elle pouvoir nourrir de plus en plus d’hommes, avec de moins en moins de terres et d’énergie ? ». « Sur le dossier OGM, les réunions du Grenelle n’auront pas apporté grand chose : on savait qu’il fallait une loi, une régime de responsabilité et une haute autorité »,poursuit le président de la CR. « Aura-t-on réglé les problèmes de l’agriculture quand on aura converti 20% de la SAU en bio ? Non. On confond les rêves et les besoins. Sur la certification/notation des exploitations, la proposition du groupe de travail est tellement vaste que tout le monde peut y trouver sa vérité (…) Et si on attend que ce soit le consommateur qui amène l’agriculteur à être irréprochable en matière d’environnement, c’est l’échec », poursuit la CR. « On essaye de nous faire croire qu’on a trouvé des directions communes. Mais nous, on ne s’y retrouve pas », conclut François Lucas.